jeudi 8 juin 2017

Cliniques n°13 : La répétition. Entre résistance et changement ?

Erès - Juin 2017


L’institution de soin, du simple fait qu’elle constitue souvent un recours dans des histoires marquées par le trauma et l’effraction, est un des hauts lieux d’expression et de déploiement de la répétition, de manière manifeste ou latente, consciente ou inconsciente. Mais comment l’appréhender ? Dans les premiers temps de la vie, la répétition favorise l’accès à la symbolisation. Partant de son prototype, le fameux jeu de la bobine, on conçoit très bien combien elle donne forme aux événements en leur attribuant peu à peu un sens, comment elle permet de se les figurer, de les penser, de les nommer. Plus tard, elle alimente très largement le matériel même du soin psychique, lorsqu’elle est une mise en scène féconde où s’actualise la problématique inconsciente du patient, lorsqu’elle permet l’accès à la remémoration. Pourtant, elle devient parfois une résistance redoutable dans laquelle peut s’enrayer le processus : quand la répétition ne répète plus qu’elle-même, elle finit par épuiser ses propres soubassements fantasmatiques et peut devenir une rengaine lancinante, un disque rayé, métaphore souvent évoquée. Elle enferme alors tous les protagonistes du voyage thérapeutique dans une aliénation stérile. Si la répétition peut être le début d’une solution, elle peut aussi devenir un véritable poison dans un processus thérapeutique au point d’en interroger son au-delà du plaisir. Comment permettre que la répétition serve plutôt qu’elle ne desserve le travail psychique en institution ? Comment le dispositif institutionnel peut-il être investi comme le lieu d’une mise en scène plutôt que le lieu d’une mise en acte répétitive ? Comment les acteurs des soins psychiques en institution tolèrent-ils et traitent-ils les mouvements de répétition à la fois singuliers et collectifs ?

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