mardi 31 janvier 2012

Le psychotique et le psychanalyste

Jacques Borie


Janvier 2012- Ed. Michele - Coll "je est un autre"

Au fil de ces pages, le lecteur découvrira ce qui se passe à notre époque dans le cabinet d’un psychanalyste, lorsque celui-ci consent à accueillir des sujets psychotiques. Nul voyeurisme ici, mais au contraire le témoignage d’une expérience unique fondée sur une éthique de la parole.À l’heure où le discours sur la folie tend à disparaître, et avec lui le traitement humanitaire et social qui a longtemps prévalu, ce livre est une preuve vivante qu’il existe au moins un lieu où le sujet peut adresser sa souffrance, et à partir de là engager un travail pour construire une solution qui permette tout simplement de lui rendre la vie possible. En effet, pour chaque cas, le psychanalyste est amené à inventer un dispositif adéquat qui tienne compte à la fois des exigences de l’Autre auquel le sujet à affaire, et de la jouissance qui est en jeu pour lui. À mille lieux de tout objectif normalisateur visant à éradiquer ce qui cloche, l’analyste est un orfèvre qui place au cœur de ce qui constitue la dynamique de l’expérience le réel propre au sujet. D’une telle lecture, on n’en sort pas indemne, de découvrir en quoi tient une existence, souvent à pas grand-chose, quelques détritus, un mot que l’on invente, une image que l’on construit…Il se démontre qu’un traitement de la folie est possible, au un par un. Il trouve son fondement dans l’expérience inaugurale que Freud inventa, il y a de cela plus d’un siècle avec des sujets névrosés, et qu’à sa suite Jacques Lacan fonda en raison. C’est cette boussole qui ici oriente la pratique.

vendredi 20 janvier 2012

Libres Cahiers pour la Psychanalyse XXXIV : Grandeur et solitude du Moi

Automne 2011 - Numéro 24


La contribution et la composition de ce numéro ont été inspirées par Sigmund Freud, Psychologie des masses et analyse du moi, 1921, in OCF/P, XVI.

Sommaire

Henri Normand – Le transfert en héritage
Françoise Coblence – Foules, masses, processus de civilisation
Françoise Neau – Out of progress
Bruno Chenique – Géricault et la démence des foules
Beatriz Carneiro Dos Santos – Errance du moi
Géraud Manhes – Se fondre dans la foule, disparaître dans la masse
Jean-Michel Hirt – L’avenir de la dignité humaine
Michel Villand – La contagion psychique
Olivier Bonard – Identifications
Laurence Kahn – « Tout naturellement »

Préambule

"L’œuvre freudienne est désormais, selon l’expression consacrée, tombée dans le domaine public. Effet de l’histoire qui l’ouvre plus librement aux lecteurs ; traducteurs et éditeurs. Contrairement à certaines œuvres qui s’avèrent fanées avant même d’être frappées par cette échéance légale, le texte freudien conserve toute sa présence et son actualité. Les Libres cahiers pour la psychanalyse veulent marquer cet événement en substituant au traditionnel préambule quelques pages du texte inspirant ce numéro intitulé Grandeur et solitude du moi. Le fragment retenu est la section B du chapitre intitulé « Suppléments ». La pénétration de la psychologie du moi que Freud accomplit à la lumière d’une spéculation audacieuse concernant la communauté des hommes, son origine et son économie y est d’une rigueur et d’une acuité méritant qu’on y revienne incessamment. La traduction retenue pour sa fidélité absolue au texte original est celle des OCF/P sous la direction de Jean Laplanche. (...)"

mardi 17 janvier 2012

Archives incandescentes. Écrire, entre la psychanalyse, l’Histoire et le politique,

Simone Molina


 Novembre 2011 - L'Harmattan - 27 €


Les archives sont du domaine de l'historien, mais aussi du psychanalyste qui entend les traces demeurées incandescentes dans l'Inconscient. Elles sont parfois inscrites sur le corps ou dans les passages à l'acte de celui dont l'histoire personnelle est conjuguée de façon traumatique à la grande Histoire. Comment alors pourra-t-il faire histoire si rien n'est entendu par l'analyste des éléments historiques de son histoire personnelle, si rien n'est énoncé dans le discours social de ce qui l'a figé dans une place impossible? Les traumatismes de guerre ont des effets sur les individus, sur leur descendance et sur les peuples. Prenant appui sur la pratique clinique et institutionnelle, mais aussi sur des écrits littéraires et historiques concernant la Seconde Guerre mondiale et l'histoire de l'Algérie, l'auteure dégage les stratégies conscientes et inconscientes de ceux qui, soumis à la tourmente de l'Histoire, tentent de survivre psychiquement à l'effroyable. Ce faisant, elle aborde des pans mal connus de l'Histoire du XXe siècle. Qu'en est-il donc de l'Histoire lorsqu'elle est appréhendée non par l'historien mais par le psychanalyste ? Qu'est-ce qui peuple l'écoute d'une analyste ? Et en quoi le désir d'écrire et donc la littérature participent-ils de ce rêve inavoué du lien des êtres humains à la parole et à la transmission ?

vendredi 13 janvier 2012

Clartés de tout. De Lacan à Marx, d’Aristote à Mao

Jean-Claude Milner


Septembre 2011 - Verdier - 15 €

Dans Clartés de tout, Fabian Fajnwaks et Juan Pablo Lucchelli, deux psychanalystes, interrogent Jean-Claude Milner sur son parcours et sur la place que Jacques Lacan y a tenue.
En répondant à leurs questions, Jean-Claude Milner a été amené à réexaminer ses propres positions sur la linguistique et sur la science moderne, sur sa théorie des noms et en particulier du nom juif, sur la transformation des relations entre capitalisme et bourgeoisie, sur la Révolution et sur la politique.
Il est apparu que le nom de Lacan était mentionné à chaque étape. Jean-Claude Milner a eu ainsi l’occasion de mieux préciser sa dette: Lacan, selon lui, doit fonctionner comme un opérateur de clarté, non d’obscurité.
Le projet de livre surgit en cours de route. Pour qu’il soit mené à bien, les questions et les réponses devaient être ajustées et ajointées. Clartés de tout est le résultat de ce travail.

vendredi 6 janvier 2012

Émancipation, individuation, subjectivation. Psychanalyse, philosophie et science sociale (fin)

Revue du M.A.U.S.S, N°38, second semestre 2011



Où il est montré (entre beaucoup d’autres choses) que non seulement la psychanalyse est en définitive aussi ou plus efficace que les psychothérapies concurrentes, mais que c’est à la psychanalyse que ces dernières doivent l’essentiel de ce qui marche chez elles. Ce constat purement empirique – qui remet en cause les condamnations positivistes trop rapides, qu’on croyait presque acquises, notamment à l’Inserm –, ne fournit toutefois en tant que tel aucune justification des théories analytiques, quelles que soient les multiples obédiences dont elles relèvent. La confrontation de la psychanalyse, de la philosophie politique et des sciences sociales reste donc plus nécessaire que jamais.

On la mène ici, dans la foulée du précédent numéro, autour de la thématique de l’émancipation, qui figure l’idéal moderne par excellence, tant individuel que collectif. Comment l’entendre ? S’émanciper, est-ce ce devenir un individu ? Un sujet ? Un peuple souverain ? Et qu’est-ce à dire ? Quoi de plus libre, de plus émancipé, par exemple, que le sujet économique (et son apothéose, le trader), enfin affranchi de toute relation de don avec ses semblables, n’ayant d’obligation qu’envers lui-même et ses « préférences » du moment ? Est-ce là notre idéal ? Certainement pas !
Il reste donc à expliciter quelle émancipation il nous est effectivement permis d’espérer.


dimanche 1 janvier 2012

Comment lire Lacan

Slavoj ŽiŽek


Décembre 2011 - Editions Nous - Antiphilosophique Collection - 18 €

Peut-on dire qu’aujourd’hui la psychanalyse est dépassée ? Cela pourrait sembler le cas. Néanmoins, le service funèbre pourrait bien se révéler prématuré, étant célébré pour un patient qui a encore une longue vie devant lui. À l’opposé des vérités « d’évidence » avancées par les critiques de Freud, je me propose de démontrer que c’est aujourd’hui seulement que le temps de la psychanalyse est venu. 

À la lumière de Lacan, à travers ce qu’il appelait son « retour à Freud », les vues cruciales de Freud apparaissent finalement dans leur véritable dimension. 

Lacan était un lecteur et un interprète vorace ; pour lui, la psychanalyse elle-même est une méthode pour lire les textes, qu’ils soient oraux (le discours du patient) ou écrits. Il n’y a donc pas de meilleure manière de lire Lacan, que de pratiquer son mode de lecture et de lire les textes des autres avec Lacan.