jeudi 29 décembre 2011

L'EN-JE LACANIEN n°17: Sens, hors-sens et équivoque

Rédacteur en chef : Michel Bousseyroux, Didier Castanet et Antonio Quinet


Janvier 2012 - Erès - 25 €

Le sens, c'est ce qu'on demande : qu'est-ce que ça veut dire ? Le sens colle au langage. La psychanalyse aussi fait sens. Mais ce faisant elle donne sens à ce qui n'en a pas : le réel, l'inconscient en tant que réel, l'inconscient en tant qu'il chiffre la jouissance. Comment l'interprétation alors peut-elle viser, faire mouche pour ferrer ce réel ? Par l'équivoque, répond Lacan.

Ont participé à ce numéro :  Michel BOUSSEYROUX -  Didier CASTANET -  Sylviane CERNOIS -  Michel CODDENS -  Monique DESORMEAUX -  Xavier DOUMEN -  Luis IZCOVICH -  Anne JOURDAIN -  Marie-jose LATOUR -  Serge LAZARO -  Fulvio MARONE -  Albert NGUYEN -  Jacqueline PATOUET -  Jose PAZO ESPINOZA -  Marc STRAUSS -  Axel TUFFERY

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dimanche 25 décembre 2011

Sphinx - Création et reconstruction

Bernard Wagner


Janvier 2012 - Persée - 21 €

Dans la légende, Oedipe conchie le Sphinx au nom de son propre intérêt ; cette erreur symbolise sa cécité et sa bêtise.Sommes-nous aveugles à notre propre péril faute d'examiner ce que figure le Sphinx ? Sommes-nous nos propres bourreaux, nos propres monstres, face à notre fin ? La facilité avec laquelle l'humanisation et la subjectivité disparaissent n'a d'égal que l'oubli du temps premier de la réflexion. Entre réflexes et réflexions, les mésaventures de l'être humain ont commencé au stade anal, au moment de la maîtrise de ses sphincters.
Comment en parler pour que chacun puisse y reconnaître ce qui lui est " propre " ? Comment retrouver un temps de vie où la place serait réservée à un acte de création et de réflexion pour soi-même ? Avons-nous perdu de vue cette idée et les conséquences néfastes de cette absence ? Le Sphinx n'est-il pas alors la figure emblématique et nécessaire d'une renaissance à travers la création, faite de constructions et de reconstructions, pour éviter une chute progressive vers la bestialité ? Ce nouvel essai autour de la création prolonge les deux premiers de Bernard Wagner, psychologue clinicien, arthérapeute et psychanalyste ? Le violon d'Astrid et Le triangle obscur, issus de son travail en milieu psychiatrique et de son expérience d'animation d'ateliers de création thérapeutique.

Voix

Gérard Wajcman



Janvier 2012 - Nous - 9 €


Voix est le tout premier livre de Gérard Wajcman.
Publié pour la première fois en Suisse en 1979 avec le titre "Voix-le face à la chute des sons nus", il devint vite indisponible. Cette nouvelle édition souhaite rendre à ce bref essai la visibilité qu'il n'a jamais eue. Le point de départ pour cette réflexion sur la voix, "objet petit a" lacanien, est l'expérience, troublante et saisissante, de l'écoute des rares enregistrements des voix de castrats.
À partir de cette figure paradoxale et étrange qu'est le castrat, l'analyse de Wajcman se confronte non seulement à l'agencement de la voix à la musique - notamment dans l'opéra - mais d'une manière générale à la "corporalité" de la voix, à la voix comme "signe" d'un corps sexué, au rapport entre voix et image et, finalement, à l'affect autant puissant qu'énigmatique qu'une voix produit sur son auditeur.

mercredi 14 décembre 2011

Une enquête chez Lacan

Charles Melman

4

Novembre 2011 – Erès – 14 €

“L'enjeu de ce volume est actuel : il n'est pas de nous situer dans Lacan pour lutter contre ce qui se rangerait au dehors, mais de savoir comment penser avec Lacan, ce que veut dire habiter cette réflexion, ce que c'est que de s'y situer, comment s'en orienter.
Dans l'idée d'enquête, résonnent aussi bien la quête que le roman policier. À condition de prendre le détective de La lettre volée pour phare. Il n'y a pas là à s'emparer de la résolution des énigmes. Il y a à les circonscrire. Dans ce séminaire, Charles Melman accepte d'apporter des effets de clarification dans le traitement de questions aussi simples qu'essentielles que "Clinique de la manie", "Qu'est-ce qu'une névrose ?" "La délinquance", "Qu'est-ce que l'interprétation du psychanalyste ?" "Qu'attendons-nous d'une psychanalyse ?", etc.
Sans donner à maîtriser le Réel en jeu, il parvient à ne pas donner à son lecteur ce sentiment déprimant d'être perpétuellement renvoyé ailleurs puisque la saisie de l'inconscient se déroberait toujours. Il répond. Et c'est sans doute aussi cela, se situer à l'intérieur des thèses lacaniennes : prendre le risque d'affirmer. Paradoxalement, c'est en cela qu'il se montre intempestif.”

Journal Français de Psychiatrie n°36 : Traumatismes

Janvier 2011

3

Edition Erès – 19 €

La présentation dramatique de la plainte a aujourd'hui évolué.
La place et le rôle de " la victime " sont complexes, se situant autant dans le réel que dans les fantasmes divers, leur repérage et leur intensité variant selon les contextes, selon les époques. La répression du " bourreau " fautif en est également conséquente. Il nous appartient de délimiter le champ de ces plaintes, justifiées sans doute mais dans quel registre, et d'étudier l'actualité de ces dérives compassionnelles dont les effets ne sont pas neutres.
Notre intérêt prend racine dans notre pratique, à l'écoute des émergences cliniques de ces notions. Mais le " social " et les médias proposent d'autres présentations, standardisées : " victime, stress post-traumatique, harcèlement, etc. " Si les émotions ne sont pas maîtrisées, on est dans le trauma, à réparer. Y a-t-il toujours préjudice ? Ou désagrément ? Une grande prudence s'impose : quels sont les usages du statut de victime dans les champs, clinique, juridique, social et politique ? Les séquelles et leur appréciation donneront lieu au litige confrontant médecine et justice.

dimanche 11 décembre 2011

La vie descriptible de Michel Foucault

David Halperin traduction Isabelle Châtelet



Décembre 2011 - Cahiers de l'Une-bévue - 20 euros

La parution du livre de David Halperin Saint Foucault, Towards a Gay Hagiography fut un événement aux États-Unis. Inédite en français, sa troisième partie La vie descriptible de Michel Foucault vient compléter Saint Foucault publié aux éditions EPEL. Foucault l'avait écrit : « les procédés disciplinaires […] abaissent le seuil de l'individualité descriptible et font de cette description un moyen de contrôle et une méthode de domination. […] Et cette descriptibilité nouvelle est d'autant plus marquée que l'encadrement disciplinaire est strict : l'enfant, le malade, le fou, le condamné deviendront, de plus en plus facilement à partir du XVIIIe siècle et selon une pente qui est celle des mécanismes de discipline, l'objet de descriptions individuelles et de récits biographiques. Cette mise en écriture des existences réelles n'est plus une procédure d'héroïsation ; elle fonctionne comme procédure d'objectivation et d'assujettissement ». En soulignant qu'il n'y a rien de personnel dans la subjectivité, Halperin replace la « mise en écriture » d'une existence déviante dans l'arène politique et tire de la biographisation de Foucault une leçon des effets de pouvoir sur tous ceux – le délinquant, le pervers, le pauvre, la personne de couleur, la femme – que la société moderne peut qualifier d'anormaux.

David Halperin est titulaire de la chaire W. H. Auden d'Histoire et de Théorie de la sexualité à l'Université du Michigan à Ann Arbor. Il est le cofondateur de la revue GLQ, Gay and Lesbian Questions et auteur de nombreux travaux, comme Cent ans d'homosexualité et autres essais sur l'amour grec (EPEL), Oublier Foucault, mode d'emploi (EPEL), ou Que veulent les gays ? Essai sur le sexe, le risque et la subjectivité (Amsterdam).

Illustration de couverture : Catherine Lord

vendredi 2 décembre 2011

Analytique de la chair

Guy-Félix Duportail

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Novembre 2011 – Cerf – “Passages” – 34 €

Mon corps est-il un objet parmi d'autres dans l'espace ou bien crée-t-il l'étendue qu'il perçoit jusqu'à l'écho des étoiles ? À quelle spatialité suis-je assujetti pour être relié « de l'intérieur » au monde et aux autres corps qui m'entourent ? Les dimensions de l'espace sont-elles des coordonnées de la matière morte ou sont-elles des variations modales de mon esprit ? C'est à la découverte de la spatialité du corps vivant que nous invite Guy-Félix Duportail dans son « Analytique de la chair ». Il nous apprend, entre autres, que la phénoménologie et la psychanalyse se rencontrent en ces lieux de la chair suivant des principes topologiques communs. G.-F. Duportail dessine le schéma intérieur de la subjectivité comme se donnant « à l'extérieur », dans le monde. La subjectivité incarnée se retourne comme un gant et se retrouve ainsi exposée au-dehors, dans son « sinthome », comme disait Lacan, dans son « implexe », comme disait Merleau-Ponty. Dans tous les cas, elle se réalise dans une « création » réparatrice de son mal-être. L'immanence est donc dans la transcendance, et l'espace-temps se réfléchit dans la chair, dans les tourbillons de sa jouissance.
La présente « Analytique de la chair » révèle qu'un corps sans organes (Deleuze et Guattari) est certes moins qu'un nœud, mais demeure plus qu'un emmêlement, et qu'une chair sublime mais sans corps (Levinas, Henry) ne fait du visage qu'un masque, et de la Vie glorieuse du Moi qu'un éloge de la pulsion de mort.