mercredi 23 novembre 2011

Les présages. Ou le souvenir d’enfance retrouvé

Nestor A. Braunstein

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Novembre 2011 – Stock – 24 €

Que fait un psychanalyste, sinon tenter de déchiffrer les rêves que nous portons en nous comme des présages de ce que nous deviendrons ? Le plus grand psychanalyste mexicain interprète dans ce magnifique livre les premiers souvenirs d’enfance relatés par des écrivains, ainsi que des rêves, pour démêler ce qui appartient à la vérité et au mensonge nécessaire. La mémoire, en chacun de nous, tente ainsi de mettre à distance le sentiment de cette inquiétante étrangeté de notre passé, en récrivant sans fin notre propre histoire.
C’est un écrivain, Julio Cortázar, qui, racontant son plus ancien souvenir, celui de la terreur que lui inspire le chant d’un coq, a mis Nestor A. Braunstein sur la voie de cette hypothèse, qu’il va par la suite s’employer à vérifier à propos des premiers souvenirs de différents auteurs : Borges et García Marquez qui parlent sa langue, mais aussi Virginia Woolf ou Vladimir Nabokov, Elias Canetti ou Hermann Broch, enfin Perec ou Leiris, sans parler de l’omniprésence de Freud et de Proust.
Lors de cette promenade par les sentiers oubliés de textes peu fréquentés, mais déterminants pour la compréhension de leur auteur, Nestor A. Braunstein n’use d’aucun jargon et fait preuve de l’humanisme souriant d’un psychanalyste averti. (Présentation de l’éditeur)

lundi 21 novembre 2011

Le réel de l'amour - Trois modèles lacaniens

David Monnier

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Octobre 2011 – PU Rennes – 24 €

Pourquoi tout le monde ne fait pas l'amour avec tout le monde ? Pour quoi faire, l'amour ? Pourquoi arrive-t-il que l'amour s'arrête ? Telles sont quelques questions brûlantes qui permettent d'aborder l'amour ici en évitant des faux problèmes et sans prétendre à des solutions aussi ineptes que dérisoires.
Se déploie que l'amour est nécessairement subjectif et même qu'il est impossible qu'il ne le soit pas. Car il n'y a pas de sujet sans amour, qui ne se conçoit sans amour, qui soit sans une conception de l'amour. Se démontre au long cours que l'amour relève d'une logique temporelle. Dès sa rencontre, contingente, il s'agit de se donner possiblement les moyens de sa fin. Et l'amour n'est pas tant aveugle que myope.
Il ne voit guère plus loin que le bout de son nez dans le miroir narcissique de l'autre. Il se doit de faire écran à ce qu'il hait. Sur fond d'adultère, l'amour peut s'appréhender comme un bouleversement asocial, amoral. Dans l'après-coup, on lui fait un sort en en profitant pour s'identifier. On fait en sorte d'en être débarrassé une fois pour toutes en s'accouplant. Mais il ne se laisse pas toujours faire.
Notre thèse élabore le mécanisme de l'amour à partir de l'enseignement de Jacques Lacan. Ses propos se recoupent et se répondent de sorte qu'on a pu discerner sept modèles. Ici, nous en produisons les trois derniers, rapportés à une approche du réel. On peut faire valoir la cohérence de la théorisation lacanienne. Cela fournit un accès à ce qu'il dit si bien qu'il se révèle accessible. C'est une incitation à y aller voir de plus près.
Et on peut saisir ce dont il parle, sans d'emblée cerner ses références érudites. Cela y invite, à l'occasion. On peut enfin souligner la pertinence de sa démarche telle qu'il n'a pas qu'une thèse à asséner mais qu'il en considère et mobilise plusieurs inlassablement. Ce qui compte, c'est le trajet et ce qui importe, ce sont les détails. Alors, nous proposons, de l'amour, de dégager la définition, la structure, la conjoncture, la fonction, le fonctionnement, les critères, les conditions, les circonstances, les limites.
Corollairement, nous repérerons l'articulation de l'amour au désir, à la demande, à la jouissance, à la pulsion, au fantasme. Incidemment, nous envisagerons quelques figures littéraires et musicales, représentations sociales et mythes culturels liés à l'amour.

Lacan lecteur de Gide

Philippe Hellebois

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Octobre 2011 – Ed. Michèle – “Je est un autre- 19 €

De nombreux livres furent consacrés à André Gide mais aucun encore au Gide dont parla Lacan dans un article fameux, paru en 1958 et inclus ensuite dans ses Écrits, " Jeunesse de Gide ou la lettre et le désir ".
Ce Gide-là, qui ne ressemble à aucun autre, fit date dans son enseignement en l'amenant à des élaborations nouvelles et fondamentales : l'amour différencié du désir, l'objet a qui deviendra l'une de ses grandes inventions, la clinique de l'enfant dans ses aspects les plus sombres, la perversion comme on ne l'a jamais vue... Lacan montrait aussi les enjeux vitaux de la littérature pour Gide dont le style n'était pas qu'un gracieux ornement mais aussi et surtout une solution à son symptôme.
Les cliniciens pourront y trouver de quoi affiner leurs catégories et les spécialistes de Gide découvrir leur grand homme sous un autre jour. Difficile, mystérieux, nécessitant beaucoup de lectures, le texte de Lacan est longtemps resté dans l'ombre. Puisse ce livre aider à la dissiper ! (présentation de l’éditeur)

L'actuel malaise dans la culture

François Richard

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Octobre 2011 – Ed. L’Olivier – Coll. Penser/Rêver – 21 €

Au même moment où Freud écrit Le malaise dans la culture (1929), des discussions extrêmement fécondes ont lieu à Francfort où les auteurs et de la future Ecole de Francfort (Adorno, Marcuse, Lowenthal) réfléchissent sur les mécanismes sociaux de domination en utilisant à la fois la psychanalyse, la phénoménologie et le marxisme, en faisant l'hypothèse d'une participation du psychisme le plus subjectif aux processus sociaux.
François Richard s'inscrit dans cet héritage, celui de la rencontre, au début des années 1930, entre la psychanalyse et la critique sociale. Le malaise dans la culture contemporaine s'est approfondi depuis le célèbre essai de Freud et se caractérise aujourd'hui par une contradiction entre les exigences moralisatrices croissante et le déchaînement, imaginaire mais aussi très réel, de la violence et de la vulgarité.
Les psychanalystes rencontrent dans leurs cures des pathologies nouvelles. La psychanalyse, elle, se voit reprocher son conservatisme alors qu'elle chercher au contraire à penser le " surmoi culturel civilisé " dont a besoin notre époque. L'actuel malaise est-il la continuation sous des formes transformées de celui dépeint par Freud il y a quatre-vingt-deux ans ou bien constitue-t-il quelque chose de tout à fait nouveau et différent ? La psychanalyse est-elle susceptible aujourd'hui de contribuer à la compréhension du moment historique et social présent, dans un dialogue avec les anthropologues et les sociologiques, les philosophes et les historiens ? Ce sont là les questions qui sont au centre de ce passionnant essai.

Ames scrupuleuses, vies d'angoisse, tristes obsédés

Pierre-Henri Castel

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Octobre 2011 – Ithaque – 34 €

Obsessions et contrainte intérieure de l'Antiquité à Freud - Volume 1

Scrupules morbides, remords délirants, angoisses absurdes, rituels compulsifs...
Comment les hommes ont-ils soigné les souffrances, voire les folies que la " conscience morale ", suprême valeur de l'individu occidental, a suscité en nous, dès son triomphe au 17e siècle ? Le premier volume de cette étude, qui en comprendra deux, s'ouvre sur une provocation : ces symptômes, nos " obsessions " et nos " compulsions ", n'ont pas toujours existé. Avant Saint Augustin, même leur possibilité est douteuse.
Il s'achève avec Freud, qui forge le terme de " névrose obsessionnelle ". Entre les deux, les scrupuleuses du Grand Siècle, Kierkegaard, Esquirol et Janet scandent un parcours qui aboutit à la psychiatrisation de l'obsédé. Une foule inquiète s'y bouscule : les superstitieux d'Athènes et Rome, les premiers moines en Egypte, une religieuse possédée et son génial confesseur, des enfants qui insultent Dieu, de dignes bourgeois qui étouffent leurs impulsions criminelles, des mystiques et des neurologues, un médecin bien malade, et quelques Sénégalais.
Chaque fois, les conflits qui les ravagent révèlent la cruelle fabrique de notre intériorité et le prix psychique dont l'individu moderne l'aura payée.

La perversion sadomasochiste - L'entité et les théories

Franco De Masi

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Octobre 2011 – Ithaque – “Psychanalyse” – 24 €

A l'opposé des hypothèses avancées par Robert Stoller (selon laquelle la perversion est une forme érotique de la haine) et par différents chercheurs contemporains, Franco De Masi soutient que la perversion est éminemment anobjectale : si la haine est bien un sentiment dirigé contre un objet, le véritable pervers sadique ne s'intéresse absolument pas à sa victime ; il ne la hait pas, pas plus qu'il ne hait à travers elle un quelconque objet, plus ou moins originaire.
Pour De Masi, la perversion sadique n'a rien à voir avec le développement de la psychosexualité ; dénuée de toute signification évolutive ou régressive relativement à une phase ou à une position données, elle n'est pas l'expression d'une fixation et pas davantage celle d'une défense contre des risques d'anéantissement. Née d'une destructivité primaire qui se dévoile à travers des états sexualisés de l'esprit, elle est le visage pur de Thanatos.
Si Freud avait situé la perversion dans la continuité du développement " normal ", avec ses conflits, ses angoisses et ses mésaventures - l'ayant pour ainsi dire " dépathologisée " comme une possibilité intrinsèque et irréductible de l'être humain -, De Masi la rend définitivement pathologique, sous la forme d'un noyau destructif indépendant du cours du développement psychosexuel et relationnel ou des aléas de la vie mentale " normale ".
Aussi, contre une bonne partie de la littérature psychanalytique, De Masi refuse-t-il toute continuité entre la sexualité normale et la sexualité perverse et affirme la différence essentielle, sur le plan clinique, entre la véritable perversion sadomasochiste (dite " structurée ") et le domaine plus fluctuant et varié des agirs et des comportements pervers épisodiques et défensifs, à caractère compulsif, symptomatiques d'états dépressifs ou d'angoisses de dissolution (comme il arrive dans les états limites).
Après un examen attentif des diverses hypothèses psychanalytiques sur la perversion, De Masi avance ses propres thèses, pour la distinguer clairement de la nébuleuse de haine, d'agressivité ou de contrôle des objets plus ou moins sadomasochistes qui se manifestent dans une série assez complexe, mais plus courante, de scénarios relationnels ou de situations cliniques (comme dans la mélancolie). Ses hypothèses radicales, inspirées notamment des travaux de Meltzer, constituent sans doute une contribution fertile, et pleine d'érudition, à la compréhension de cette pathologie.

Structure, logique, aliénation - Recherche en psychanalyse

François Balmès

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Octobre 2011 – Erès – Coll. Scripta – 23 €

L'Ecole de psychanalyse Sigmund Freud a choisi d'éditer une série des derniers travaux de François Balmès concernant les questions de structure et de logique en psychanalyse.
Les abords chaque fois un peu différents de ces questions, au fil des textes retenus, permettent de cerner les difficultés inhérentes aux concepts en jeu, ainsi que le maniement de l'outil que constitue le quadrangle de Jacques Lacan. François Balmès, psychanalyste et philosophe, montre comment le quadrangle peut être un appui pour une pensée exigeante et critique, permettant de revisiter les textes freudiens et philosophiques (Aristote, Descartes, Heidegger...) dans leurs résonances et leurs apports à l'élaboration contemporaine de la psychanalyse.
Il y réinterroge également l'histoire de la structure, de sa pérennité comme concept au-delà de la fin du structuralisme.