samedi 30 avril 2011

Addictologie clinique

Éric-Pierre Toubiana (dir.)

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Avril 2011 – PUF – 28 €

L’alcool, le tabac, le cannabis, la cocaïne, l’héroïne, les nouvelles drogues de synthèse, et même la nourriture sont autant de supports aux addictions. Mais les jeux d’argent, les jeux en ligne, l’Internet et le visionnage des séries télévisées se sont révélés être devenus aussi de redoutables produits toxiques. Même les activités sportives et le travail que l’on pouvait penser être des remèdes peuvent devenir des drogues de choix tout aussi redoutables !
Voici un livre conçu pour être mis entre les mains d’un très large public, sans jamais sacrifier à l’exactitude scientifique. Des psychiatres, des addictologues, des psychanalystes mais aussi des sociologues et des anthropologues nous y apprennent à mieux comprendre les addictions. Loin des stériles querelles de clochers, Addictologie clinique est le fruit d’une collaboration active entre les différentes approches du phénomène épidémique pour ne pas dire pandémique des conduites d’addiction. Ne devrait-on pas réserver cette étiquette de façon plus réfléchie ? Quand peut-on parler de maladie ? Et si oui, comment comprendre cette pathologie ? Comment faire face à ces troubles si nous ignorons leurs natures, leurs causes et leurs fonctions ?
Les Hommes du XXIe siècle ne sont-ils pas incités subtilement à avoir recours à des produits ou des comportements qui les aident à échapper à leurs conditions ? Ces évasions illusoires qui engendrent tant de souffrances pour le sujet, mais aussi pour son entourage, doivent-elles l’objet d’une politique de répression ou d’une stratégie de prévention et de prise en charge thérapeutique ? Comment aborder les stratégies de sevrage ? N’est-il pas illusoire de penser le sevrage réussi (lorsqu’il l’est) comme la résolution des problèmes qui ont conduit un sujet à être addicté ?
Voilà autant de questions auxquelles ce livre tente de répondre. Les étudiants, comme les praticiens confirmés, les infirmiers comme les éducateurs, les médecins du travail comme les DRH, les travailleurs sociaux comme les enseignants, enfin les familles et l’entourage de ces adolescents, de ces femmes et de ces hommes qui souffrent de s’être trouvés dépendants trouveront dans les différents abords de cet ouvrage des tentatives de réponses à leurs interrogations.

Table des matières

Introduction
Préambule
Présentation
Chapitre premier. — Psychanalyse et addiction, par Paul-Laurent Assoun

Chapitre II. — Les thérapies cognitivo-comportementales en addictologie, par Hassan Rahioui

Chapitre III. — Adolescence et addiction, par Philippe Jeammet

Chapitre IV. — Parentalité et addiction, par Laurence Simmat-Durand

Chapitre V. — Les troubles du comportement alimentaire, par Isabelle Nicolas, Claire Lamas, Maurice Corcos

Chapitre VI. — Les troubles du comportement sexuel, par Vincent Estellon, Harold Mouras

Chapitre VII. — Les addictions avec toxiques, par Olivier Douville, Amine Benyamina, Lila Mekaoui, Hassan Rahioui, Stéphanie Liquet, Marc Valleur, Laurent Karila, Olivier Phan, Michel Reynaud

Chapitre VIII. — Les addictions sans toxiques, par Marc Valleur, Serge Tisseron, Christian Schmidt, Philippe Bessoles, Michel Hautefeuille, Charlotte Richoux
Chapitre IX. — Les réseaux de soins et de prévention en addictologie, par Aram Kavciyan
Chapitre X. — Géopolitique des drogues, par Didier Jayle

Chapitre XI. — Cartographie du contemporain, par Joël Birman

Présentation des auteurs

jeudi 28 avril 2011

La mort donnée, essai de psychanalyse sur le meurtre et la guerre

Sophie de Mijolla-Mellor

40

Mai 2011 – PUF – 26 €

Pouvoir donner la mort implique de ne plus voir dans la victime un autre soi-même mais seulement un objet à supprimer pour servir des visées personnelles ou idéologiques.
Or, si le criminel à l’échelle individuelle ou groupale peut prétendre ignorer l’énigme de son acte qui le dissocie de la solidarité humaine, c’est alors la société qui s’y trouve confrontée. Dans une absolue perplexité telle que la reflètent les médias, elle ne sait que multiplier les termes propres à la rejeter : « barbarie collective », « folie individuelle », autant de manières de répéter à l’infini la question sans se donner les moyens de répondre sur ce qui s’est effectivement passé et peut pourtant refaire surface à tout moment, en tous lieux et à toute époque.
La psychanalyse apporte des éléments de compréhension sur la paralysie de la pensée liée à l’homicide, en vue de contribuer à le réintégrer dans une dimension qui permette de l’entendre, de le prévenir et de tenter de le soigner.

(editeur)

lundi 25 avril 2011

Banlieues. Pointe avancée de la clinique contemporaine

Louis SCIARA

7

Avril 2011 – Erès - Humus - subjectivité et lien social – 25 €

Pourquoi un psychanalyste s'intéresse-t-il aux « problèmes cliniques » repérables dans les banlieues défavorisées ? Est-il seulement opportun de supposer qu'ils comportent quelques spécificités et quelles sont-elles ? Concernent-ils plus particulièrement des adultes jeunes, des adolescents, des enfants ? Ne revêtent-ils pas des aspects différents suivant les générations ?

À partir de ces interrogations qui courent tout au long de l'ouvrage, l'auteur propose une élaboration psychanalytique de son expérience clinique au sein des banlieues, territoires de ségrégation sociale. Il se penche sur les conséquences de la discrimination sociale sur les individus et en analyse les retentissements sur leur subjectivité et leur position de sujet...
La « clinique des banlieues » est significative de l'évolution globale de la société où l'impact du « discours du capitaliste » est déterminant. Pensée à partir de la singularité des cas et non dans une perspective discriminante, elle pourrait bien être la « pointe avancée de la clinique contemporaine ».

Louis Sciara est psychiatre, psychanalyste à Paris, membre de l'ALI (Association lacanienne internationale). Longtemps praticien hospitalier en secteur psychiatrique adulte à Nanterre (92), il est actuellement médecin-directeur de CMPP à Villeneuve-Saint-Georges (94).

L'appel de la transe

Catherine Clément

6

Avril 2011 - Stock, Paris - Collection L'autre pensée – 19,50 €

L'appel de la transe est un livre magnifique qui nous conduit aux frontières de l'inavouable : insaisissables et toujours indicibles, ces états de transe, d'éclipse hors de la vie que cherche tout être humain en quête de sens. Des cérémonies initiatiques à la crise d'hystérie, de la tentative de suicide au ravissement des sorcières, Catherine Clément explore avec érudition et simplicité ce que les civilisations ont proposé comme réponse à ce besoin de disparaître. La règle sociale et religieuse persécute ces êtres dont l'état limite inquiète. Des possédées de Loudun aux actuels chamans de Mongolie, des convulsionnaires de Saint-Médard aux Grecs d'aujourd'hui qui dansent sur les braises, l'auteur questionne dans des récits limpides les façons innombrables dont se sert le désir pour repousser les limites du corps. Elle montre comment le coup de foudre amoureux, l'anorexie, le rock, le rap, la réassignation sexuelle, l'érotisme ou les vampires du genre Twilight dévoilent cette petite mort de la transe, de l'Antiquité dionysiaque à nos jours.

(Editeur)

lundi 18 avril 2011

Les psychanalystes et leurs écrivains : un maillage intime

Le Coq Héron, n° 204 - Mireille Fognini dir.

24

Mars 2011 – Erès – 17 €

 

Entrelacs d'«onirismes narratifs» Éditorial

Mireille Fognini

Dossier : Les psychanalystes et leurs écrivains : un maillage intime

Le psychanalyste et son écrivain (Journée d'Annecy 2009, IVe groupe OPLF)

L'après-coup du colloque en guise d'introduction

Kedidja Benarab, Elisabeth Bugglin

Ouverture d'une rencontre

Nourredine Ben Bachir

De la lecture à l'analyse

Marianne Alphant

Raymond l'Angoisse : penser avec Queneau

Pascal Herlem

Une lecture de Rainer Maria Rilke

Maurice Rey

En chemin avec André Du Bouchet

Olivier Paccoud

Les cris vains du psychanalyste ou le livre encrypté

Ghyslain Lévy

Entre les oeuvres vives et les oeuvres mortes..., une ligne d'ombre :

Jean-Baptiste Guillaumin

Freud et ses écrivains

Freud, la psychanalyse et la littérature

Jean-Pierre Kamieniak

Freud et Grimm : l'influence d'une lecture d'enfance

Monique Totah

Freud et Goethe : affinités et souffrances endocryptiques

Pascal Hachet

Autres maillages, autres rencontres

En parlant, en écrivant... Traiter le réel : une métamorphose ?

Lucette Nobs

La psychose plus vraie que nature... Ou d'écrire «l'amante en glaise»

Monique Selz

Artaud : une ligne électrocutée

Berta Roth

Les identifications d'Arthur Rimbaud

Bruno Clavier

«Je or vent paix là». Un vers mallarméen de Césaire

Guillaume Suréna

In Memoriam

Jean-Paul Valabrega : un psychanalyste combattant (1922-2011)

Michelle Moreau Ricaud

Clinique : paroles, écritures, interprètes

Le poème est le patient privilégié

Fabio Landa

De la Chose, fondement paradoxal de l'Être

Philippe Réfabert

Écrits d'histoires de pensées et d'histoire de la psychanalyse

«My idiotic book»

Jacquelyne Poulain-Colombier

La psychanalyse à la conquête de l'Ouest : un fléau ?

Nina de Spengler

Freud avec Halbwachs : les conditions d'une inscription symbolique

Annie Topalov

Lectures

Peut-on en finir avec Hitler ?, de Paul Wiener, Miklós Bokor

par Jacques et Judith Dupont

Les yeux de l'âme, de Jean-Claude Rolland

par Mireille Fognini

Un Mémoire du Temps à Venir, de Wilfred R. Bion

par Mireille Fognini

La répétition à l'épreuve du transfert

Revue des collèges de clinique psychanalytique du champ lacanien, n° 10

23

Mars 2011 – Hermann – 25 €

La répétition et le transfert - la transposition - d'éléments symboliques constituent les mythes (Orphée, Oedipe et bien d'autres) qui animent nos cultures selon Lévi-Strauss. Kierkegaard, lui, fait de la répétition un objet d'interrogation philosophique. Et Freud la rencontre avec le transfert dans le champ analytique dès sa constitution. Elle a une importance majeure, avec son rapport au traumatisme, dans le tournant théorique des années vingt qui tire les conséquences de la clinique de la première guerre mondiale. Lacan, lui, souligne le statut de concepts fondamentaux de la psychanalyse de la répétition et du transfert à l'instar de l'inconscient et de la pulsion. Cette revue recueille les enseignements et les débats des Collèges de clinique psychanalytique du Champ lacanien de France autour du thème « la répétition à l'épreuve du transfert ». On y lira comment les auteurs répondent aux questions qu'implique ce thème :

- qu'est-ce que la répétition au sens analytique ?

- quels sont les éléments cliniques (rêve, trait d'esprit, symptôme, fantasme, etc.) et structuraux (réel, symbolique, imaginaire) impliqués dans son mouvement et comment le sont-ils ?

- comment la répétition se décline-t-elle en fonction des structures cliniques ?

- que peut le transfert face à la répétition et quel est son devenir dans la passe ?

Avec l'étude des références de « Au-delà du principe de plaisir », on lira sur quel fonds Freud bâtit le concept de répétition.

Le contrat peut-il se substituer à la loi ?

Collectif. Journées du Département de travail social de l'Association lacanienne internationale, 5 et 6 mai 2007, Paris

22

Mars 2011 - Association lacanienne internationale, Paris – 25 €

Les coordonnées du lien social connaissent des modifications qui alimentent, selon des thématiques diverses, une recherche de repères perdus qu'il y aurait à refonder. Dans ce contexte, le contractualisme se présente comme une alternative apte à restaurer un pacte social qu'un patriarcat frappé d'obsolescence ne peut plus asseoir. Ici et là, des propositions sont formulées pour mettre les contrats en surplomb des lois, opérant en cela un retournement de l'articulation de ces deux registres.

On assiste ainsi à une reconfiguration du droit et des règles juridiques, qui interroge les fondements de l'inscription et de la transmission de la Loi.

Lier, délier, la parole et l'écrit

Madeleine Guiffès

20

Mars 2011 – L'Harmattan - Collection Psychanalyse et civilisations – 17 €

Des relances fécondes ou des batailles masquées se jouent à travers les liens de la parole et de l'écrit. En donnant à voir au psychothérapeute ses mystérieux premiers graphismes, le petit enfant impose le silence à la langue qui l'a soumis ou confondu. Il ouvre la voix à des mots jusque-là inconnus. Quel silence s'est-il établi, lorsque la rupture entre Freud et son ami Fliess mit fin au vivant entrelacs d'écrits et de paroles durant lequel Freud créa la psychanalyse ? Lier la parole et l'écrit, c'est reconnaître la matérialité sensorielle qui les fait naître ensemble, à partir de notre impuissance première. Que l'une ou l'autre prétende à la maîtrise, à la transparence du sens, et le langage vivant disparaît. Dans son libre jeu, chaque enfant articule ses formes singulières aux codes communs qu'il s'approprie, transgresse ou renouvelle, pour réordonner sa place dans le lien social. Graphismes enfantins, fresques préhistoriques, écrits d'analystes, oeuvres d'écrivains ou de scientifiques, autant de matières d'écriture appelant la parole pour cerner, sans l'abolir, le vide que chacune a créé.

(Editeur)

samedi 16 avril 2011

La détresse, aux sources de l'éthique

Monique Schneider

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Avril 2011 – Seuil – 22 €

L’expérience de la souffrance semble de celles qui, comme la faim, sont immédiatement données. Freud montre au contraire dans Esquisse pour une psychologie scientifique (1895) que l’accès à un tel éprouvé, qui s’ouvre sur l’émotion qualifiée de « souffrance », ne peut avoir lieu sans « l’être proche », qui reconnaît cette souffrance.
Ainsi, c’est l’exigence éthique de l’attention portée à l’être souffrant qui rend possible l’expérience de la souffrance, c'est-à-dire sa reconnaissance et sa verbalisation éventuelle. Sans l’être proche, l’état de détresse, qui correspond à l’expérience originaire du réel, déboucherait sur une anesthésie hébétée, tels l’hospitalisme ou certains états psychotiques. Les conséquences de cette analyse sont considérables :le psychisme est un ensemble de processus de structuration rendant nécessaire la présence de l’autre, ce que l’on sait bien depuis Lacan, mais qui est souvent négligé dans l’apport qu’on attribue à Freud ; l’autre apparaît dans une dualité dramatique, puisqu’étant celui qui peut reconnaître et éventuellement réparer la souffrance, il est aussi celui qui peut renier l’enfant quand il répond à sa souffrance par un cri de détresse ; enfin, l’expérience de la souffrance place le jeune enfant au seuil du jugement (c’est à partir de la dualité première où plonge la souffrance que se construit la possibilité de l’attribution, du jugement).

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Les affects lacaniens

Colette Soler

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Avril 2011 – PUF – 18 €

La question des affects est cruciale dans la psychanalyse puisqu’elle vise à traiter « l’impossible à supporter ».
Il faut donc dire jusqu’où elle y parvient, pourquoi et comment ? Une conception des affects qui dise ce qui les produit était là nécessaire. Le livre suit sa mise au point chez Jacques Lacan à mesure qu’il avance dans sa conception de la structure, depuis l’inconscient « structuré comme un langage », déchiffrable, jusqu’à l’inconscient-lalangue, réel, indéchiffrable. Les affects deviennent alors les seuls témoins de ce qui dans l’expérience ne passe pas au langage.
Le livre suit le développement de la théorie proprement lacanienne de la production des affects, de la série des affects spécifiques auxquels il s’est arrêté, depuis l’angoisse jusqu’ aux affects de fin d’analyse, en passant par tristesse, ennui morosité et quelques autres, ainsi que les conséquences pratiques.

(Editeur)