mercredi 19 janvier 2011

Anorexie et boulimie

Revue “La Clinique lacanienne” n°18 – Février 2011

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Editions ERES - Coordination : Christiane LACOTE-DESTRIBATS - Gérard POMMIER – Prix : 26 €

L'anorexie et la boulimie passent parfois pour l'une des « nouvelles pathologies » de notre époque. Il faut d'abord distinguer ce rapport à l'alimentation d'un autre problème, qui est celui de l'obésité dont on peut dire, en effet, qu'elle suit une courbe ascendante dans de nombreux pays, notamment aux USA. Une fois cette distinction faite, il faut interroger l'association entre anorexie et boulimie qui est admise un peu trop facilement, alors que la clinique montre qu'elles sont généralement dissociées. Il faut ensuite se demander s'il n'existe pas dans ces pathologies une spécificité au genre sexuel : en effet, dans la majorité des cas, ce sont des femmes qui sont sujettes à de tels « comportements ». Car il s'agit de « comportements alimentaires » au sens où ils reflètent un certain type de passage à l'acte concernant le rapport au sexe. Enfin, il existe, dans un nombre limité de cas, une spécificité psycho-pathologique du rapport à la nourriture qui concerne plus particulièrement les psychoses.

jeudi 13 janvier 2011

Les Paradoxes du délire. Wittgenstein, Schreber, et l'esprit schizophrénique

Louis A. Sass

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Décembre 2010 - Les Editions d'Ithaque – 2010

Voici un essai sur la philosophie et sur la folie sur la folie comme parente proche de la philosophie ; sur la philosophie comme espèce de la folie. Être « fou », tant pour le spécialiste de clinique mentale que pour n'importe lequel d'entre nous, c'est croire des choses absolument fausses, ou en percevoir certaines qui n'existent tout simplement pas. Mais bien des schizophrènes, ces fous par excellence, n'agissent nullement comme s'ils prenaient leur délire pour la réalité. Dans ce travail, d'une pénétration et d'une sensibilité exceptionnelles, Louis Sass fait voler en éclat nos idées reçues sur le délire et la réalité. Comment ? En mettant en regard l'autobiographie du « fou » le plus célèbre de l'histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse, le Président Daniel Paul Schreber, et les textes du philosophe ou de l'antiphilosophe Ludwig Wittgenstein. Car quantité de « maladies intellectuelles » que Wittgenstein a détectées en philosophie le détachement à l'égard de la vie sociale, l'indifférence aux enjeux pratiques, la pente à l'abstraction et à la concentration de la conscience sur elle-même présentent de troublantes affinités avec les symptômes classiques de la schizophrénie. La schizophrénie, montre ainsi Louis Sass, pourrait bien être, à cet égard, non la perte définitive de la raison, mais le point d involution ultime sur la trajectoire d'une conscience livrée aux savants paradoxes d'un solipsisme vécu.

Louis Arnorsson Sass, psychologue formé à la phénoménologie, est professeur de psychologie clinique à l'université Rutgers (New Jersey). Il y est chercheur au Centre de sciences cognitives et il y enseigne également en littérature comparée. Ses travaux, toujours marqués par l'interdisciplinarité, se situent à la croisée de la psychologie clinique, de la philosophie, de l'histoire des sciences, des arts et de la littérature. On y trouve des études phénoménologiques sur la schizophrénie, sur les notions de vérité et de soi en psychanalyse, sur l'herméneutique en philosophie, ou sur l'articulation modernité / post-modernité

mercredi 12 janvier 2011

Mort et travail de pensée. Points de vue théoriques et expériences cliniques

François Pommier et Régine Scelles

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Février 2011 – Erès – Coll. La Carnet psy – 18 €

Tout deuil sollicite le sujet et ses liens aux autres et lui rappelle douloureusement son ontologique dépendance à l'autre.
La perte d'un être cher est transformée par la pensée afin que l'espace qu'a occupé l'absent soit modifié ; faute de pouvoir remplacer l'autre, on le recrée. La création, le travail de pensée que suscite la confrontation à la mort sont évoqués dans ce livre comme ce qui permet au sujet de ne pas mettre en jeu le travail impossible qui viserait à recréer « comme avant », comme si la perte n'avait pas eu lieu, mais permet de devenir « comme après » : reconstruire plutôt que reconstituer.
Les auteurs proposent à la réflexion des dispositifs d'aide qui peuvent être mis en place lors de la perte réelle d'un être cher mais également lorsque les deuils non faits, non terminés resurgissent sur une autre scène, dans une temporalité décalée.

Lacan et le contre-transfert

Patrick Guyomard

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Février 2011 – PUF - Collection "Petite bibliothèque de psychanalyse" – 13 €

« Lacan, le contre-tansfert… deux sujets de débat privilégiés. Le débat avec l’œuvre de Lacan a longtemps été gâché par l’enjeu pratique et politique, nous n’en sommes plus là. Quelle que soit la fermeté des critiques que l’on peut formuler, nul ne peut contester la part vive prise par Lacan à la construction progressive de la théorisation en psychanalyse. Le contre-transfert… il suffit de se souvenir des mots inquiets de Freud devant cette découverte dont il se serait bien passé (le « maîtriser », le « surmonter »), pour comprendre à quel point le contre-transfert impose à la psychanalyse de débattre avec elle-même. La question du contre-transfert est au cœur d’une théorie de la pratique. Lacan et le contre-transfert… Ce débat, Lacan l’a d’abord lui-même mené en discutant notamment les contributions anglaises de son époque, et l’on découvre alors chez lui une position beaucoup plus complexe que celle qui lui est ordinairement prêtée, celle d’un rejet, presque d’une négligence de la notion.
Reste les conditions du présent débat. Chacun, concerné par la psychanalyse, a fait l’expérience de ces colloques ou ouvrages qui voient s’additionner les contributions dans l’ignorance réciproque de ce que le voisin a bien pu penser. Le présent ouvrage procède d’une tout autre logique. Le texte de Patrick Guyomard, qui en constitue l’ouverture, a été proposé à la réflexion des différents auteurs plusieurs mois avant que nous nous réunissions — sous l’égide du Centre d’Études en Psychopathologie et Psychanalyse (CEPP) de l’université Paris Diderot —, et c’est ce débat que le livre restitue. »

mercredi 5 janvier 2011

Freud et l'affaire de l'inconscient

Philippe Gaulin

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Février 2011 – Ed. Triptyque – 28 €

Cet ouvrage s'ouvre d'abord sur une enquête dans la vie privée de Freud, afin de rendre compte de la manière dont il est parvenu à déconstruire et développer la dimension de la subjectivité.
Puis, nous examinons de quelle façon Freud en est venu à s'inscrire en marge du système ( de santé ) pour réussir à en montrer le fonctionnement. Comment une première analyse a-t-elle su freuder le système, c'est-à-dire le mettre en mots, l'exprimer, lui donner vie, forme et parole? Notre enquête, guidée officiellement et officieusement par Freud, fera en sorte que nous pourrons cerner adéquatement la place qu'occupe le sujet dans notre société technomédicale, où la médecine prescrit, décrète, réglemente et encadre le lieu de sa naissance, de son existence et de sa mort. Finalement, au-delà de la pensée freudienne, nous entrerons directement dans l'analyse de la position du sujet dans une société où le virtuel, l'Internet et l'informatique façonnent la vie de tous les jours et organisent une toute nouvelle façon de se [re]présenter et d'entrer en contact avec les autres.