mercredi 27 octobre 2010

Traité du bas de l'être

Jean Broustra

4

Paru le : 21/10/2010 - Editeur : Erès - Collection : 69 – Prix : 13 €

Le traité du bas de l'être est un essai sur les modalités contrastées entre le bas et le haut, le lourd et le léger, le corporel et le spirituel.
Inscrit dans la tradition occidentale, tel le Traité de la concupiscence de Bossuet ou le célèbre livre de Bachelard L'air et les songes, il accorde une place privilégiée à la philosophie (d'Héraclite à Deleuze), à la psychanalyse, à la poésie. Plusieurs pratiques sont données en référence, à partir de l'expérience de l'auteur dans la médecine psychiatrique, la psychanalyse, la psychothérapie en ateliers d'expression, l'écriture dans la tenue de carnets personnels et la publications de romans.
Loin d'être conceptuel et abstrait, cet ouvrage relate une histoire de vie à la recherche d'une pensée, d'un sens, par le jeu de la transmission mais aussi par la prise de risque d'une nécessaire invention.

Violence de l'insécurité

Didier Robin
3
Paru le : 20/10/2010 - Editeur : PUF - Collection : Souffrance et théorie – Prix : 18 €
Le sentiment d’insécurité frappe par son intensité et, en tant que sentiment, il est forcément vrai.
Néanmoins, les idées et images qui lui sont associées peuvent s’avérer trompeuses. L’insécurité, en effet, n’est pas toujours là où on l’imagine, ni les dangers tapis là où l’on croit les trouver. Ainsi, en dépit du sens commun, dans notre société individualiste, nous avons dix fois plus de « chances » de nous suicider que d’être assassinés. Comment envisager objectivement dès lors les tenants et aboutissants du sentiment d’insécurité ? Comment jeter les bases d’une sécurité véritable ? Où situer la violence ? Pour aborder ces questions, nous nous appuierons sur diverses données issues de pratiques éducatives et psychothérapeutiques.
Nous ferons également appel aux enseignements de la psychanalyse, le tout sous les regards croisés de l’histoire, de la sociologie et de la démographie.

jeudi 21 octobre 2010

En analyse avec Freud

Manfred Pohlen

3

Paru le : 14/10/2010 – Editeur : Tallandier – Prix : 22.90 €

Le 29 mars 1922, Ernst Blum commence une analyse avec Freud, qu'il achève quatre mois plus tard. Immédiatement après ses séances avec le fondateur de la psychanalyse, et avec son accord, il en retranscrit le contenu. Les notes de Blum nous montrent Freud hors de toute convention. Elles donnent à voir le psychanalyste au travail et permettent de nous figurer quel clinicien il était : un Freud ouvert, spontané, plein d'idées et d'humour, qui se présente comme partenaire de son analysant. Sur la base d'un dialogue avec Blum lui-même, Manfred Pohlen reprend et présente les procès-verbaux des séances et met en lumière les origines juives de la psychanalyse et la pratique de l'analyse.

mercredi 13 octobre 2010

La pulsion et ses avatars

Philippe de Georges

4

Sortie prévue le : 14/10/2010 – Editeur : Editions Michèle  - Collection : Je est un autre – Prix : 28 €

Cet ouvrage rassemble, sous une même couverture et un même titre la trace écrite de deux séminaires: « Leçons de Chose » et « Ethique et pulsion ».
Le premier a pour objet le concept de pulsion, mis au premier plan de son appareil théorique par Freud, remanié par lui au fil de ses travaux et des exigences de la pratique, puis repris par Lacan. Le second interroge l’usage actuel du concept de pulsion à partir des transformations de celle-ci dans l’expérience de la cure. Depuis que le terme avait été employé par Freud dans ses premières élaborations sur la vie psychique, la question apparaissait, toujours aussi vive, de savoir comment pulsion et langage pouvait s’articuler, comment la satisfaction de la première pouvait être nouée aux nécessités du lien social et au souci de l’autre.
Il s’avérait donc bien venu d’interroger le rapport de la pulsion à ce que peut être une éthique qui tienne compte d’elle. Une telle éthique résultant de l’expérience analytique est actuelle et nécessaire : ce que Freud appelait « le malaise dans la civilisation » a pris une forme paroxystique qui rend urgent de repenser à nouveaux frais ce que peut être un style de vie pour les temps à venir. Philippe De Georges soutiendra ici que la psychanalyse est plus que jamais d’actualité.

La parole ou la mort - Essai sur la division du sujet

Moustapha Safouan (Edition revue et corrigée)

3

Sortie le : 14/10/2010 – Editeur : Seuil – Prix : 17 €

La première édition de ce livre a été publiée en 1993 avec pour sous-titre: Comment une société humaine est-elle possible ? La thèse principale en était en effet qu’outre l’inceste mère-fils, il existait trois autres prohibitions ayant le même caractère d’universalité : celles du mensonge, du meurtre et de l’appropriation du don sans y répondre par un contre-don.
L’ensemble de ces lois constitue l’ordre symbolique sans lequel la vie sociale ne serait pas possible. Une dimension est cependant restée implicite, celle de la division du sujet entre procès de l’énonciation et procès de l’énoncé. C’est ce thème qui occupe le premier plan dans la présente édition, où la division du sujet est ramenée à notre situation au sein du langage, en tant qu’il nous permet certes d’exprimer nos intentions et de parler des choses, mais sans nous donner la moindre définition qui serait comparable à une saisie de l’essence.
Nous passons notre vie à nous expliquer avec les mots. Ce que la psychanalyse, elle, démontre, c’est le lien étroit que le signifiant, sans considération aucune pour nos intentions, entretient avec la vérité. Ce changement du centre de gravité du livre a entraîné des modifications substantielles ; il ne serait pas exagéré de parler d’un nouvel ouvrage.

Psychanalyse des enfants séparés : Études cliniques, 1952-1986

Jenny Aubry

2

Paru le : 13/10/2010 -  Editeur : Flammarion – Collection : Champs Essais – Prix : 14 €

Médecin des hôpitaux, pédiatre, neuropsychiatre, psychanalyste, membre fondateur de l'Ecole freudienne de Paris, Jenny Aubry (1903-1987) fut la première en France à s'intéresser au destin des très jeunes enfants séparés de leur famille. Dés 1946, elle avait eu conscience de l'effet désastreux de la carence des soins maternels en prenant la direction d'un dépôt de l'assistance publique - la fondation parent de Rosan - où étaient hébergés soixante enfants fort bien traités par des infirmières qui ne s'occupaient que de leur santé et de la propreté des lieux. Privés de parole, d'affect de désir, ils poussaient des grognements, demeuraient immobiles pendant des heures durant, léchaient les barreaux de leur lit ou s'arrachaient les cheveux. Jenny Aubry démontra que ces enfants souffraient de problèmes psychiques qui les condamnaient à la délinquance, à l'autisme ou à la folie. Il fallait donc mener avec eux un travail de psychothérapie précoce, seul capable de les sauver de l'enferment dans le silence et le néant. L'idée était nouvelle et subversive. Elle s'est imposé aujourd'hui dans toutes les institutions hospitalières. En 1963, poursuivant sa lutte en faveur des enfants séparés, Jenny Aubry créa, à l'hôpital des Enfants malades, la première consultation de psychanalyse dans un service de pédiatrie. Sont réunies ici les principales études cliniques réalisées par Jenny Aubry entre 1952 et 1986, et destinées aux praticiens de l'enfance en détresse : psychologues, éducateurs, assistantes sociales, médecins, psychiatres. Rédigées dans un style incisif, portées par une souveraine espérance, elles témoignent que, pour l'enfant, même atteint des pires blessures de l'âme et du corps, rien n'est jamais jouée d'avance

Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse

Gérard Pommier

1

Paru le : 13/10/2010 – Editeur : Flammarion – Collection : Champs Essais – Prix : 10 €

Les recherches sur le cerveau ont tant progressé ces dernières années que la conception de l'homme en est bouleversée : le corps ne serait plus qu'une " machine " dont il suffirait de réparer les rouages en cas d'avarie ; les sentiments comme l'amour, le désir, des créations comme la poésie, ne seraient plus qu'une question d'hormones et de connexions nerveuses ; quant à l'activité psychique, les rêves, l'inconscient, les symptômes, de bons médicaments les disciplineraient. Eternel débat du corps et de l'esprit que les neuroscientifiques invitent les psychanalystes à remettre sur le métier. A tel point qu'une question se pose avec de plus en plus d'insistance : peut-il y avoir deux approches différentes, voire contradictoires, d'un même phénomène ? Ce livre fait justice de cette opposition infondée, qui doit surtout sa force à une méconnaissance des processus cérébraux et de la vie psychique. Il ne viendrait pas à l'idée d'un psychanalyste de nier l'importance des processus organiques : comment la puissance psychique se dispenserait-elle des potentialités du corps ? Dès ses débuts, la psychanalyse a subverti cette opposition grâce à l'une de ses découvertes majeures : celle de la pulsion, qui anime le psychique en même temps qu'elle intègre le somatique, et dialectise au point de l'invalider toute opposition entre le mental et le cérébral : Mais il y a plus sensationnel encore, car nombre de découvertes de la neurophysiologie apportent de l'eau au moulin de Freud. Sans l'avoir cherché, les neurosciences montrent comment le langage modélise le corps beaucoup plus profondément que le symptôme hystérique ne le laissait prévoir. Cette mise en tension du corps par le langage est si importante que nombre de résultats de la neurophysiologie ne peuvent être interprétés sans la psychanalyse. Plusieurs questions aussi essentielles que celle de la conscience, par exemple, demeurent insolubles sans le concept d'inconscient. En mesurant l'apport des neurosciences à la psychanalyse, on commence à avoir une idée plus précise de ce qu'est un " sujet ", mais aussi de ce corps dont nous sommes si conflictuellement les curieux locataires.

jeudi 7 octobre 2010

Robert Walser, le promeneur ironique - Enseignements psychanalytiques de l'écriture d'un "roman du réel"

Philippe Lacadée

2

Paru le : 25/08/2010 – Editeur -: Cécile Defaut – Collection : Psyché – Prix : 20 €

Robert Walser.
écrivain Suisse d'expression allemande, reconnu de son vivant par les plus grands - Franz Kafka, Robert Musil, Walter Benjamin - est " un de ces "artistes de la langue" tels que les définira André Breton ". Il se voue à incarner une sorte de poète moderne : " C'est pour moi une sorte d'écrivain pointilliste. Comme un kaléidoscope. Son univers est tout entier contenu dans chaque point. Cette fragmentation fait qu'il est à mes yeux l'un des écrivains majeurs du XXe siècle, du moins pour la littérature allemande ".
Philippe Lacadée fait le choix ici de ne pas tenter une " biographie " classique de cet homme si secret, si à l'écart du monde et autres, mais de la déduire de ses écrits. Ce sont les héros de Walser qui le présentent au monde. Lui-même ne se représente pas dans une mise en scène pour un Autre toujours improbable, mais se donne tel quel, dans une foule de détails, si singuliers, dont foisonne cette écriture d'apparence tantôt naïve, honnête et simple, tantôt si déroutante.
Robert Walser est dans son écriture, dans ce qu'il nomme son roman du réel, qui structure tous ses romans. Il est à partir du récit de ses héros que nous chercherons à déduire ce qu'a été sa vie. Dans cet essai, Philippe Lacadée montre que le poète, tout en devançant la psychanalyse, nous éclaire : son écriture miniature radicalise en quelque sorte les deux modes de l'écrit, soit le signifiant et la lettre, elle marque la distinction entre l'écrit qui ne parle que pour lui et le dessin de l'écriture miniature.
C'est un Walser avec Lacan qui nous est ici proposé et qui éclaire aussi bien le psychanalyste que le poète.

mercredi 6 octobre 2010

De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? - Démocratie et subjectivité

Roland Gori

3

Sortie le : 07/10/2010 – Editeur : Denoël – Collection : Médiations – Prix : 23 €

Doit-on dépister les schizophrènes dangereux comme on dépiste le diabète ? Doit-on soigner sans consentement les malades mentaux soupçonnés de présenter un danger pour eux-mêmes ou autrui ? L’imagerie médicale du cerveau dit-elle la vérité ? Devrait-on y soumettre les prévenus, les conjoints adultères et les employés soupçonnés d’indélicatesse ? Autant de questions que nos sociétés abordent par le fait divers et les émotions collectives pour ne pas avoir à y réfléchir. Face à une logique de l’audimat qui ne cesse de gagner du terrain, face à une régression sécuritaire qui atteint la vie politique, mais aussi la justice, l’école et la santé, la psychanalyse apparaît comme un antidote. Elle résiste aux nouvelles idéologies de la résignation en reconnaissant à l’humain sa dimension tragique, conflictuelle, singulière autant qu’imprévisible. Confrontés aux nouveaux cyniques qui veulent en finir avec elle et avec la culture qui en est issue, il nous importe plus que jamais de savoir de quoi la psychanalyse est le nom.