mercredi 30 juin 2010

Le Pain et les miettes. Entre tout et rien : essai de psychanalyse de l'homme actuel

Christian Godin

 

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Parution : mars 2010 – Editeur : Klincksieck – Collection : Hourvari – Prix : 17 €

Être, agir, pouvoir, voir, avoir, savoir, dire : l'existence humaine se distribue diversement selon ces sept verbes. Entre le désir du tout (le pain) et la fascination du rien (les miettes), en passant par le contentement du petit peu (la tranche), les vies postmodernes hésitent à se déterminer. Parce que l'inconscient ignore la contradiction (Freud), la psychanalyse reste l'un des meilleurs moyens pour comprendre ces désordres, qui sont ceux de notre monde, et aussi l'outil le plus efficace pour contrecarrer les effets des discours lénifiants de la philosophie et des sciences sociales d'ambiance, très en honneur aujourd'hui.
Entre littérature et histoire, psychologie et sociologie, le présent essai analyse quelques-uns des symptômes les plus significatifs, parce que contradictoires, de notre postmodernité : le tourisme et la crémation, le fétichisme et le vagabondage sexuel, le vide grenier et la fin du cadeau, le zapping et Facebook, la manie des intégrales et le best of, l'avidité sans bornes et l'abandon total...

L’Imposture dans le siècle

CLINIQUES MEDITERRANEENNES n°86

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Parution : mai 2010 – Editeur : Erès – Prix : 25 €

“Que le sujet soit, de structure, en position d'imposture, n'implique pas qu'il assume toujours de la même façon cette position. Qu'il s'en arrange et en vive, le mène tout droit sur les rives de l'imposture dite « pathologique ». Ce qui éclaire certainement d'un jour nouveau le rapport de la science à l'imposture, la science en acceptant de jouer le rôle de garante de la vérité, ne peut que la mettre alors en position d'imposture structurelle. Position dont elle cherche ensuite à se démettre en en accusant « l'autre », par exemple sous couvert d'« évaluation ». Ce siècle naissant, s'il entend se donner la science pour religion, ne peut dès lors que faire le lit, et le succès annoncé, de l'imposture - précisément."

Coordination : Alain ABELHAUSER

Ont participé à ce numéro : Paul-laurent ASSOUN - Antoine BIOY - Mikael BONNANT - Marie-helene BUSSAC-GARAT - Marie-paule CHEVALERIAS -Guy CHOURAQUI - Lauriane COURBIN - Nathalie DE KERNIER - Bernard DUEZ - Roland GORI - Line mai GRANN - Stephane GUMPPER - Romuald HAMON - Lucien HOUNKPATIN - Lyasmine KESSACI - Laurie LAUFER - Sylvie LE POULICHET - Colette LHOMME-RIGAUD - Pascale MACARY-GARIPUY - Francois MARTY - Franck MATHIEU - Georgia PANDOULA-KAFCHITSAS - Avner PEREZ - Laure RAZON - Joelle ROSEMAN - Laura SOKOLOWSKY - Eric SOUTIF - Martine SPIESS - Nicolas TAJAN - Eric TOUBIANA - Berenice VANNESSON -

La solitude apprivoisée - L'angoisse de séparation en psychanalyse (4e édition)

Jean-Michel Quinodoz

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Paru le : 05/06/2010 – Editeur : PUF - Collection : Quadrige Essais Débats – Prix : 13 €

" La solitude a deux visages : elle peut être une mortelle conseillère, mais, lorsqu'on l'apprivoise, la solitude peut devenir une amie extrêmement précieuse.
Peut-on apprivoiser la solitude ? Peut-on parvenir à ce qu'elle devienne un authentique moyen de communication avec soi-même et avec autrui ? Dans ce livre, j'aimerais montrer comment l'expérience de la solitude peut être vécue et se transformer au cours de l'expérience psychanalytique et comment se développe le passage d'un sentiment parfois hostile et désespérant de solitude vers une solitude apprivoisée ".
Publié en 1991 dans la collection Le fait psychanalytique, dirigée par Pierre Luquet, ce livre a eu un large écho tant en France qu'à l'étranger où il fut traduit en six langues. Cette deuxième édition en Quadrige est augmentée d'une préface dans laquelle l'auteur explique sa contribution à l'évolution de certains concepts psychanalytiques, tels ceux d'angoisse et de deuil, liés à la solitude.

Médecine, psychiatrie et psychanalyse - Pour une éthique commune

Sélim Abou, Chawki Azouri, Edouard Azouri, Alain Didier-Weill, Collectif

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Paru le: 23/06/2010 - Editeur : Campagne Première – Prix : 22 €

Les avancées de la médecine et des neurosciences ouvrent des perspectives de progrès mais, dans le même mouvement, elles favorisent l’idéologie scientiste, qui néglige le désarroi psychique du sujet.
De nos jours, l’impératif de l’efficacité, du mesurable et de la suppression des symptômes devient de plus en plus incompatible avec le temps nécessaire à l’écoute et tout ce qui ce joue, dont le transfert, dans la relation avec le patient. Le sujet qui souffre risque de disparaître derrière la technique, sa parole est confisquée ; plus que jamais la maladie prend la place du malade (et la souffrance se mesure aux degrés de douleur).
Les symptômes se réduisent à une liste de signes cliniques répertoriés, renvoyant à des prescriptions pharmaceutiques. Des médecins, des psychiatres et des psychanalystes s’insurgent contre cette « appropriation de l’humain » par les lois du marché et la politique des laboratoires. Au-delà de la différence de leurs pratiques, ils sont amenés à repenser les sources et la possibilité d’une éthique commune.

mercredi 23 juin 2010

Expériences de la folie

sous la direction de Patrick Chemla

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Parution : mai 2010 – Editeur : Erès – Prix : 18 €

Faire «l'expérience de la folie» renvoie à l'énigme de l'Inconscient que l'invention freudienne a défriché mais qui nous revient toujours de façon inédite et bouleversante. Cela relance une traversée de ce qui, au plus intime de chacun, fait obstacle ou empêchement à la rencontre de la folie, à rebours de l'hygiénisme et de la prévention généralisée que notre société impose aujourd'hui dans l'espoir insensé d'en finir avec la maladie, mentale ou somatique, voire même avec la mort.

Renoncer au leurre séducteur d'un «savoir par avance», quand bien même il puiserait aux meilleures sources, est nécessaire pour privilégier «la parole vraie» et le geste nécessaire. Encore faut-il sans cesse subjectiver les théories analytiques pour fabriquer sa «boîte à outils conceptuels» qui se trouvera malmenée à chaque fois, et surtout prendre le risque de la rencontre. Les auteurs en témoignent chacun à leur manière.

Jésus était-il fou ?

Frédéric Joi

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Parution : Juin 2010 – Edityeur : Max Milo – Prix : 16 €

La chance de Jésus, c'est d'être né avant Freud.
Car imaginons un instant que la grille de lecture de la psychanalyse soit appliquée au personnage décrit par les Evangiles. Que penser d'un quidam qui prétend à qui veut bien l'entendre : "Le Père est en moi et je suis dans le Père" ? Que diriez-vous si votre voisin venait frapper à votre porte pour vous informer que "celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle" ? Jésus était-il fou ? Se basant sur les Evangiles, l'auteur suit ce " fils de Dieu " autoproclamé dans ses actes et ses paroles et découvre qu'il peut être diagnostiqué comme mégaparanoïaque c'est-à-dire un paranoïaque produisant des projections mythiques.
Mais la difficulté augmente d'un cran lorsqu'on sait que Jésus a fasciné des foules toujours plus vastes, au fil d'innombrables générations. D'où ces autres questions : de quelle maladie psychique étaient frappés ceux qui l'ont cru ? Comment fut possible cet amour entre fous, entre un berger mégaparanoïaque et ceux qu'il appelait à juste titre ses moutons ?

Frédéric Joi est docteur en psychologie et agrégé de philosophie.

lundi 14 juin 2010

L'éloge du rien : il faut croire quelque chose dans le monde

Henri Rey-Flaud



Parution : mai 2010
Editeur : Seuil, Paris
Collection : Champ freudien
Prix : 25 €

« Il faut croire quelque chose dans le monde », disait Sganarelle à Don Juan : un précepte qui ne relève pas du religieux, mais désigne une nécessité vitale, inhérente à la nature humaine. En cela Molière rejoint Freud qui définit la psyché de l'homme par sa capacité à croire, l'incroyance signant la catastrophe de la psychose. Au-delà des menus objets qui lui donnent sa consistance, la croyance s'adresse à l'Autre en tant que tel, c'est-à-dire à la puissance représentative, chargé de consoler l'homme de la perte du Bien.

Molière, mis à la question par Freud et Lacan, illustre cette fatalité sous les traits de trois figures. Sganarelle, l'hystérique, prêt à faire feu de tout bois pour nourrir sa croyance - en quoi il incarne le bienheureux qui a toujours un petit rien sous la main pour nourrir un désir. Face à lui, Alceste campe l'obsessionnel qui, incapable de prêter foi aux semblants qui tissent la réalité quotidienne, est exclu de la communauté des hommes. Quant à Don Juan, paradigme d'une superbe perversion, sa mé-créance exprime, au-delà de son mépris pour les croyances ordinaires, son refus de faire crédit à l'Autre en tant que tel.

La leçon conjointe de Molière et de Freud reste plus actuelle que jamais en un temps où les croyances « malades » produisent dans le monde un désert mélancolique ou, à l'inverse, une terre brûlée par la flambée des intégrismes.

Topique, n° 109 : L'acte poétique

Parution : mai 2010



Editeur : L'Esprit du temps

Table des matières

Sophie de Mijolla-Mellor - Éditorial

La résonance poétique

Houria Abdelouahed - Adonis ou la réminiscence du corps. Réminiscence du corps et entretien avec Adonis

Qi Jia Shi - Poésie et psychanalyse

Patrick Saurin - Approche de l'acte poétique chez les anciens Mexicains

Dominique Fessaguet - Acte poétique et résonance

Jorge Canestri - Hölderlin, dissonance et réconciliation

Francis Drossart - La gestation littéraire dans la Recherche

Branko Aleksic - L'acte poétique absolu de Mallarmé et de Lacan

Vassiliki Christopoulou - Le philosophe et le poète

Catherine Weissmann-Arcache - L'acte poétique chez l'enfant

L'interprétation selon Glenn Gould

Isabelle Lasvergnas - Gould la résonance

Sophie de Mijolla-Mellor - Le ravissement par l'Art

Marianne Baudin - L'expérience du sublime

Dominique Fessaguet - De l'ek-stase à l'extase

Ghyslaine Guertin - Authenticité et extase

Philippe Choulet - L'extase singulière du temps selon Glenn Gould

Vincent Estellon - Glenn Gould magicien et médecin hypocondriaque

Martine Béland - Le rire de Tirésias

André Hirt - Le cas Gould

Discussions autour de «Le choix de la sublimation» (S. de Mijolla-Mellor, Paris, PUF 2009)

Sophie de Mijolla-Mellor - Choix pervers, choix sublimé

Jean-Claude Guillaume - À propos du choix de la sublimation

René Péran - L'immuable continuité de l'être

Psychanalystes en devenir : les constructions d'une clinique

Anahit Dasseux Ter Mesropian, Ignacio Garate-Martinez, Laurence Joseph et al.



Parution : mai 2010
Editeur : Encore marine
Prix : 19 €

En 1994, Maud Mannoni demandait à des psychanalystes engagés dans la pratique de témoigner dans un livre de leur passage à l'analyste (Devenir psychanalyste, les formations de l'inconscient, Denoël, Paris). Aujourd'hui, plus de quinze années après, les réductions statistiques d'une société néolibérale qui commercialise la vérité à l'aune de ce qui peut se mesurer, se peser, se compter, nous poussent à témoigner d'une autre manière de transmettre. Transmettre l'énigme de ce qui est unique, qui ne peut pas s'additionner à d'autres valeurs, qui ne peut pas se réduire à une vérité close. Transmettre, comme une poétique, les effets d'une rencontre qui transforme la souffrance en créativité, qui rend compte de ce qui a une valeur sans pour autant être évaluable.

Jacques Lacan et Maud Mannoni nous ont transmis la nécessité d'écouter les jeunes pour garder vivante en nous la passion pour la psychanalyse, de continuer d'apprendre des patients qui savent débusquer, dans leurs propres souffrances subjectives, les sources des inventions à venir.

Cinq psychanalystes s'y risquent, chacun dans son style. Ils y affirment leur passion pour l'inconscient, les prises et reprises de leur expérience, devenue récit, littérature, et qu'ils lisent en position d'analysant pour tenter de dire ou de repérer dans leur récit la présence du psychanalyste. Ils y affirment qu'il n'y a pas de psychanalyste en dehors de l'expérience même d'une cure, en dehors de la relation d'amour qu'instaure le transfert, dans la dissymétrie même de la rencontre.

Ces cinq psychanalystes s'autorisent à devenir auteurs du récit de leur acte, pour continuer de transmettre sa consistance. Ils montrent que celui-ci ne se conclut jamais, ne ferme pas la dimension de la rencontre à venir ; il demeure vivant et nous invite à inaugurer une ouverture : affirmer toujours qu'il y a de l'autre et l'écouter sans relâche, en nous, en lui, dans la certitude de ce qui est encore en devenir dans les mots et leurs intervalles

Le symptôme et la création

Serge André



Parution : mai 2010
Editeur : le Bord de l'eau, Latresne
Collection : La muette
Prix : 9 €

En quoi l'oeuvre d'art intéresse-t-elle le psychanalyste ? Freud attribue à l'artiste un savoir : celui même que le psychanalyste élabore avec tant de peine. Un savoir, donc, mais un savoir qui s'ignore. L'ignorance de l'artiste est-elle condition nécessaire au savoir produit par sa création ?

L'oeuvre de Lacan, inséparable d'un style, nous invite à situer l'art du côté de l'éthique plutôt que de l'esthétique. Le Beau n'est ici que masque glaisant jeté sur un affrontement à la jouissance dont s'extrait le sujet.

Plutôt que par la sublimation - terme par où s'évapore le débat -, c'est par la mise en oeuvre du symptôme que Serge André aborde l'oeuvre d'art, et la dimension propre du savoir qui y opère.

Tracer-désirer : le dessin d'enfant dans la cure psychanalytique

Céline Masson (dir.)



Parution : mai 20120
Editeur : Hermann, Paris
Collection : Psychanalyse
Prix : 35 €

Les psychanalystes demandent fréquemment aux enfants, lors des séances, de dessiner. Les dessins constituent un support remarquable d'expression de l'inconscient : ils sont l'exposition graphique de la complexité psychique du jeune analysant. Ils reflètent en quelque sorte sa subjectivitée, projetée - et sublimée - sur la surface du papier. Par ces représentations, les enfants parviennent à exprimer ce qu'ils ne parviendraient pas à dire, faute de mots pour le faire. Autant dire que les dessins d'enfant permettent l'ouverture d'un espace inédit où le désir se déploie, et où l'image inconsciente du corps se construit.

Plus encore, les dessins participent pleinement de l'élaboration de la relation transférentielle. C'est pourquoi, lors d'une cure, l'acte même de dessiner prime sur le contenu du dessin. Il reviendra ensuite à l'analyste de traduire ces représentations, de les interpréter avec les mots que l'enfant emploie. Mais il faudra du temps à l'analyste pour apprendre à les lire, à les entendre, à les interpréter. Il devra s'efforcer de prêter l'oreille à un sens qui demande encore à être ouvert, à une énigme qui semble toujours résister à son déchiffrement. Car le dessin fait appel à la mémoire, en construction, du jeune patient et sa ligne trace, dans le mouvement du transfert, ce dont la parole a du mal à se saisir. En paraphrasant Paul Klee, on pourrait dire que les dessins d'enfant n'ont pas à reproduire le visible mais à rendre visible.

Métamorphoses de la mélancolie

Claude Rabant



Parution : mai 2010
Editeur : Hermann, Paris
Collection : Psychanalyse
Prix : 25 €

Pourquoi la tristesse plutôt que la joie ? Quelle est l'énigme de la mélancolie ? Avec autant de profondeur que de puissance, Claude Rabant nous invite à ce propos à explorer l'espace entre philosophie et psychanalyse. Les lectures croisées de Spinoza, Imre Hermann, Freud, Kierkegaard, construisent ici une nouvelle problématique autour des figures de la métamorphose : sublimation, traduction et transfert, qui contribue à renouveler les exigences de l'éthique psychanalytique.

La première guerre mondiale amène Freud à opposer la pulsion de mort aux pulsions de vie et à remanier en même temps son analyse du processus civilisateur. L'auteur démontre la façon dont s'instaure une dialectique entre pulsion et libido : à la constante universelle d'une pulsion destructrice qui peut engendrer la mélancolie, s'oppose le fragile renouveau d'une force vitale, l'Éros. Par contraste, le deuil devient l'agent civilisateur par excellence. Si la voie de l'éthique implique une probité à l'égard de soi-même, c'est que, dans la pratique de ce métier, la pulsion est envisagée comme outil de sublimation et non comme objet de refoulement. Enfanter et non pas créer... Faire face à la «superstition psychologisante» dont Lacan soulignait déjà la dérive dans les esprits...

Mais pourquoi tant de haine ?

Elisabeth Roudinesco (dir.)



Parution: mai 2010
Editeur : Seuil
Prix : 12 €

Un brûlot est publié, qui dénonce «l'affabulation freudienne». Sigmund Freud serait un homme cupide, menteur, phallocrate, homophobe, incestueux, pervers, fasciste, persécuteur de son peuple (les Juifs), un pseudo-savant dont il conviendrait de dénoncer enfin les méfaits. Et pourquoi ne pas l'écrire si cela est vrai ?

Mais le brûlot est truffé d'erreurs, il véhicule de fort anciennes rumeurs (et de bien méchantes légendes), il n'établit rien. Et «l'affabulation freudienne» apparaît bientôt pour ce qu'elle est : la pure affabulation de l'auteur du brûlot.

Voici les pièces du dossier.

Le sujet postmoderne entre symptôme et jouissance

Regnier Pirard



Parution : mai 2010
Editeur : Erès
Collection : humus, subjectivité et lien social
Prix : 23 €

Si la psychanalyse n'a rien à regretter de l'effondrement du patriarcat dans nos sociétés occidentales, il lui incombe par contre d'en mesurer les effets sur le sujet contemporain. À l'ère postmoderne, le signifiant (du) père a-t-il encore un usage, s'il n'a plus d'avenir ? Telle est la question que pose ce livre et l'inventaire qu'il tente de faire à partir de la clinique la plus banale, voire celle de la banalité. S'interrogeant sur les changements survenus dans le registre de l'angoisse, la façon dont on appréhende l'enfant, les perversions ordinaires, les états-limites, etc., Regnier Pirard aborde avec précision et rigueur les modifications que notre temps impose à la clinique et bien sûr, de ce fait, à la direction de la cure.

mercredi 9 juin 2010

L'Inconscient aux source du mythe moderne

SOPHIE MARRET-MALEVAL



Parution : mai 2010
Edition : Interférences
Prix : 15 €

Les grandes figures mythiques de la littérature fantastique : le monstre de Frankenstein, Dracula, et Dr Jekyll, virent le jour en Grande-Bretagne au dix-neuvième siècle en une époque marquée par le triomphe du discours de la science. L'ouvrage tente de comprendre cette émergence. La dimension mythique de ces textes s'avère intimement liée au contexte épistémologique dans lequel ils prirent naissance. La science " sert à refouler ce qui habite le savoir mythique " indique Lacan, lequel resurgit sous les espèces de l'inconscient. Le mythe moderne est écriture d'un savoir sur le sujet de l'inconscient en opposition au discours de la science. Ces grands récits sont confrontés à d'autres textes de la littérature fantastique afin de cerner ce qui leur confère la dimension de mythes. L'ouvrage propose par ailleurs de saisir à partir de la psychanalyse comment le mythe relève du temps de l'existence de l'Autre, en montrant pourquoi le vingtième siècle n'a pas produit de grands mythes littéraires de même envergure que ces textes canoniques.

Pourquoi écrire ?

HERVÉ CASTANET - ALAIN MERLET



Parution : mai 2010
Editions de la Différence
Prix : 20 €

Quatre écrivains sont mis en perspective afin de dégager les enjeux internes à la littérature, comprendre les raisons et causes qui les ont poussés à l'écriture.
La mise en série de ces quatre écrivains : Artaud, Jouhandeau, Genet, Klossowski, peut surprendre. Rapportée à des enjeux internes à la littérature - à ses courants, histoire et réseaux -, cette série laisse à désirer. Pour H. Castanet et A. Merlet, elle est pertinente d'une autre façon. Le titre choisi de cet ouvrage apporte sa réponse : Pourquoi écrire ? Comment, pour chacun de ces écrivains, cette question s'est-elle trouvée posée ? Une psychanalyse impliquée (et non appliquée) servira de boussole.
Une thèse y est mise à l'épreuve : l'écriture est un traitement du réel (celui dont Lacan dit : le réel c'est l'impossible) - et ce réel sera pris là où il est, sans chipoter : dans l'oeuvre et dans la vie de ces écrivains. Quelles surprises va-t-on découvrir ? En quoi et comment une création et des corps vivants qui parlent s'y trouvent-ils engagés ?

Lire Délire - Psychanalyse de la lecture

Anne-Marie Picard



Paru le : 03/06/2010
Editeur : Erès
Collection : Psychanalyse et écriture
Prix : 23 €

Aborder « l’illettrisme » comme un symptôme plutôt que comme une maladie nous éclaire sur le refus inconscient des enfants non lecteurs (15% d’irréductibles qui font vraiment couler beaucoup d’encre !), mais aussi sur la nature psychologique du plaisir de la lecture.
Ceux-ci, en retour, nous apprennent par leur imaginaire ce que signifie « devenir lecteur » pour le sujet humain, mais aussi pourquoi les écrivains choisissent l’écriture comme mode de survie : tel est le postulat original de cet ouvrage.

mercredi 2 juin 2010

Freud en ses voyages - Suivi de Trouble de mémoire sur l'Acropole

Marlène Belilos



Sortie le : 03/06/2010
Editeur : Michel de Maule
Collection : Et Freud dans tout ça ?
Prix : 15 €

Ce sont des véritables voyages de Freud dont il s’agit ici, non de promenades imaginaires. Et ces voyages sont lus sous un angle inédit : à ces déplacements dans l’espace correspondent des avancées dans la théorie analytique. Freud n’écrivait-il pas à Fliess : « À l’inverse du géant Anthée, je prends des forces nouvelles dès que je pose le pied hors de la ville où je réside » ? Ses voyages à Paris, en Italie, à Athènes, aux États-Unis et enfin à Londres scandent ainsi l’histoire de la psychanalyse.
Cette topique a fait l’objet d’entretiens (diffusés sur France Culture et recueillis ici) entre Marlène Belilos et François Ansermet, Eugénie Lemoine-Luccioni, Jean-Daniel Matet, Pierre Thèves, Armand Zaloszyc, tous psychanalystes, membres de l’École de la Cause freudienne et de l’Association mondiale de psychanalyse.
Les entretiens sont suivis d’une nouvelle traduction originale d’Un trouble de mémoire sur l’Acropole. Dans cette lettre écrite à Romain Rolland en janvier 1936, Freud auto-analyse le sentiment d’étrangeté et de dépersonnalisation qu’il avait éprouvé en visitant l’Acropole en 1904.

L’auteur
Marlène Belilos a travaillé à la Télévision Suisse Romande, à France-Culture et TV5 Monde. Établie à Paris depuis 1991, elle se consacre principalement à la psychanalyse et a publié divers articles dans L’Anti Livre noir de la psychanalyse, La Règle du jeu et la Revue de l’École de la Cause freudienne. Elle est membre de l’École de la Cause freudienne et de l’Association mondiale de psychanalyse.

Pulsions freudiennes. Psychanalyse, littérature et cinéma

Teresa de Lauretis



Paru le : 02/06/2010
Editeur : PUF
Prix : 29 €

Lorsque Freud a révisé sa conception des pulsions, l’ombre de la mort et la menace du génocide biologique et culturel planaient sur sa vie : comme le début du XXe siècle, notre époque est marquée par un lourd trauma géopolitique et par des modifications affectant les pratiques (et les représentations) technologiques, sexuelles et épistémiques. Ce livre défend l’intérêt qu’il y a à renouer avec la théorie freudienne des pulsions à travers une palette d’œuvres allant du cinéma et de la littérature à la métapsychologie et aux études culturelles. Après avoir présenté les configurations successives de la pulsion chez Freud sous la forme d’un guide, « illustré » avec des références aux films populaires, Teresa de Lauretis examine deux exemples de contestation philosophico-politique : la critique foucaldienne de la « poussée rétive » chez Freud, qui a servi de fondement à la notion de construction sociale, et la critique par Laplanche du biologisme de Freud. Les deux derniers chapitres tracent l’inscription figurale de la pulsion de mort à travers une lecture serrée du roman éminemment moderne de Djuna Barnes : Le Bois de la nuit (1936), et du film postmoderne de David Cronenberg : eXistenZ (1999).