jeudi 29 avril 2010

Psy de banlieue. Conte périurbain

José Morel Cinq-Mars



Parution : avril 2010
Editeur : Erès
Prix : 13 €

Dans ce docu-fiction où tout est faux mais tout est vrai, l'auteur, psychologue, raconte l'ordinaire de son travail, tel qu'elle l'exerce au quotidien dans ces zones dites « sensibles ». Elle évoque ainsi les différentes situations auxquelles elle est confrontée à la consultation pluriprofessionnelle pour femmes enceintes et petits enfants, à laquelle elle est attaché, ou au domicile de familles dont un bébé est décédé subitement.

Dans son récit où se côtoient des gens de tous horizons, elle parle de la ville, de la banlieue, de l'exil, de son métier, de son usage non orthodoxe de la psychanalyse de son rapport au territoire, à la formation, à son identité professionnelle... Une « clinique incarnée » au sein de la banlieue dans tous ses états.

Née à Montréal, José Morel Cinq-Mars vit en France depuis 1976. Psychologue clinicienne formée à la psychanalyse, elle travaille pour les services de PMI de Seine-Saint-Denis. Elle fait partie des membres fondateurs de l'A.NA.PSY.p.e. et écrit régulièrement des articles pour des revues de psychanalyse et de petite enfance.

vendredi 23 avril 2010

Claude Dorgeuille : Textes et confidences. Les épousailles parfaites de la psychanalyse et de la musique

Claude Dorgeuille



Éd. Association Lacanienne Internationale - 2010 - 30.00 €

Ont été réunis dans cet ouvrage en hommage à Claude Dorgeuille les textes principaux de ses écrits et interventions. Ils portent le témoignage du désir qui était le sien de transmettre l’enseignement de Freud et de Lacan.
Il a été membre de l’École freudienne de Paris dès sa fondation en 1964 jusqu’à sa dissolution en 1980.

Après la disparition de Jacques Lacan, il a écrit La seconde mort de Jacques Lacan.


En 1982, il a été avec Charles Melman, l’un des membres fondateurs de l’Association freudienne – devenue l’Association lacanienne internationale depuis 2001 – et en a été le premier président.

Claude Dorgeuille dont les travaux psychanalytiques sont nombreux était aussi musicien. Il a écrit des traités spécialisés de technique pianistique et de flûte. Deux maîtres ont guidé sa pratique; l’un en musique, le flûtiste René Le Roy, l’autre en psychanalyse, Jacques Lacan.

Dans la préface de son ouvrage Textes sur la musique et les instruments, voici ce qu’il écrit : “Les textes sont disposés dans l’ordre chronologique de leur rédaction avec une exception notable. J’ai placé en tête l’exposé fait à Rome en 1974, La musique dans le champ de la psychanalyse, que je considère comme fondateur quant à l’articulation des deux expériences, celle de la musique avec celle de la psychanalyse./.../ Bien entendu, ces textes ne valent qu’en tant qu’ils constituent des réponses aux questions posées par une pratique qui est à la fois musicale et psychanalytique de façon absolument indissociable”.

La Cause freudienne n° 74 : la psychanalyse vite

Avril 2010



Éditorial
Nathalie Georges-Lambrichs
L’analyste-analysant
Serge Cottet Freud analysant
Éric Laurent Lacan analysant
Francisco-Hugo Freda Allocution
Agnès Aflalo L’assassinat manqué
Leonardo Gorostiza Le chausse-pied-sans-mesure
suivi de Le gnomon du psychanalyste
Jacques-Alain Miller Despedida
Les Journées de novembre de l’ECF
Monique Amirault La chute d’un mur
Dalila Arpin La psychanalyse mise à nu par ses praticiens, même
Sonia Chiriaco Une lettre de Vienne
Sandrine Corouge Éloge de « l’audace calculée »
Pascale Fari L’urgence, un traitement du réel du temps
Sylvie Goumet L’(a) coulisse
Marco Mauas Réponse du réel, passe « avant-coup »
Caroline Pauthe-Leduc Demain le psychanalyste
Esthela Sonalo-Suárez Fiat !
Psychanalyse et cryptologie
Conversation avec Jacques Stern
Rencontre
Michel Butor, invité de l’UPJL
L’Orientation lacanienne
Jacques-Alain Miller La passe du parlêtre
La passe : deux scansions
Jacques-Alain Miller La question de Madrid [1990]
Théorie de Turin sur le sujet de l’École [2000]

mercredi 21 avril 2010

Faut l' temps

Revue ESSAIM Numéro 24 - mai 2010



Editions : Erès
26 €


De quoi parle-t-on quand on parle du temps en psychanalyse ? Une première source de difficultés provient de la non-unicité du temps. Cela entraîne des énoncés disparates et parfois contradictoires, comme chez Freud par exemple, quand il pose que l'inconscient ignore le temps et par ailleurs que l'après-coup structure le symptôme. S'il faut assurément récuser le temps comme substance, faut-il pour cela se convertir à la philosophie chinoise ou se passer complètement de cette notion ? Sans doute peut-on plus justement parler non d'un temps unique mais d'un facteur ou d'une fonction temps. La grammaire, la logique, la physique, la mathématique ont à travailler avec des notions de temps qui peuvent être plurielles et hétérogènes entre elles. L'usage du facteur temps en psychanalyse emprunte ses références à tous ces domaines - d'où les apparentes contradictions, voire disputes, telle celle sur la durée des séances -, mais il en invente aussi de nouvelles pour appréhender l'objet a cause de désir et manque à jouir. La spatialité du psychisme, évoquée par Freud à la fin de sa vie, y trouve sa dynamique.
Essaim se propose avec ce numéro d'interroger l'usage de la fonction temps en psychanalyse.

Les Patients-limites - Psychanalyse intégrative et psychothérapie

Jean-Michel Fourcade



Parution : avril 2010
Edition : Erès poche, inédit
Prix : 15 €

Contrairement aux patients de structure névrotique qui entrent de façon satisfaisante dans le cadre théorique et la technique psychanalytiques (construits pour eux), les patients-limites obligent les psychiatres, psychothérapeutes, psychanalystes à articuler des techniques thérapeutiques et des cadres théoriques différents, opposés parfois et pourtant utiles. En combinant exposés de cas cliniques et réflexion théorique, l'auteur expose sa démarche qu'il nomme « psychanalyse intégrative », et dont les principes sont : reconnaissance de l'inconscient, travail dans la relation de transfert, technique adaptée à la personnalité du patient et à ses régressions dans la cure.

La nouvelle édition de cet ouvrage, augmentée et actualisée, constitue une référence critique sur les plus importants théoriciens qui se sont intéressés à la clinique des patients-limites - Ferenczi, Winnicott, Bion, Reich, Lowen, Kernberg, Little, Bergeret, Green - et une analyse de l'histoire de la psychanalyse et des mouvements périphériques ou dissidents qui en sont issus. Les propositions théoriques et thérapeutiques de l'auteur, à la suite des travaux épistémologiques d'Edgar Morin, de Max Pagès et de Vincent de Gaulejac, se situent dans l'actuelle mouvance des psychothérapies intégratives.

Jean-Michel Fourcade est docteur en psychologie clinique et cofondateur du Centre de développement humain (CDPH). Il dirige actuellement la Nouvelle faculté libre (NFL) qui forme des psychanalystes intégratifs. Il enseigne en Master 2 de psychologie de l'université Paris 8 et préside l'Association fédérative française des organismes de psychothérapie et psychanalyse (AFFOP).

lundi 19 avril 2010

Un mystère plus lointain que l’inconscient

Alain Didier-Weill



Parution : avril 2010
Edition : Aubier
Coll. Psychanalyse
Prix : 22 €

Qu’y a-t-il dans le regard étonné que le nouveau-né pose sur le monde ? dans le « pourquoi » insistant de l’enfant ? dans la sidération de l’adulte à l’écoute d’une note, d’un rythme, d’un trait d’esprit inouïs ? dans le vol suspendu du danseur ? Le surgissement d’un nouveau radical qui va bien au-delà du renouveau lié à la remémoration d’un signifiant refoulé, tel que Freud l’avait formulé. Il est la clé d’un lieu auquel le mot ne donne pas accès et que Lacan situait « plus loin » que l’inconscient.
Mais comment s’approcher d’un tel lieu ? L’acte de création semble y mener lorsqu’il offre à notre perception de quoi appréhender l’invisible, l’inouï. Et n’y a-t-il qu’une réponse à cet étonnement ? Quelles instances psychiques met-il en jeu ? Pour répondre à ces questions, la religion offre une piste intéressante : le choix inconscient que provoque le nouveau radical sera celui de l’hérétique (qui veut que l’étonnement subsiste) ou celui de l’inquisiteur (qui veut le voir abdiquer). C’est ainsi que certains philosophes contemporains – tel Alain Badiou – sont conduits, au nom du dogme chrétien inventé par saint Paul, à ne voir qu’une imposture dans l’étonnante universalité des lois de la Parole données par Moïse.
L’étonnement est ce qui cesse avec le dogme : lorsqu’il est la voie par laquelle le sujet entre en résonance avec la loi et l’outrepasse ; lorsqu’il rend le complexe d’Œdipe plus complexe en le renvoyant à son ancêtre Dionysos, dieu de ce qui sonne et résonne ; lorsqu’il donne accès au radicalement nouveau délivrable par le réel.

Ancien psychiatre, psychanalyste, Alain Didier-Weill a été élève de Jacques Lacan et conférencier à son séminaire en 1975, 1976 et 1980. Il est notamment l'auteur de : Les Trois Temps de la Loi (Seuil, 1995 ; rééd. 2008), Incantations. Dionysos, Moïse, saint Paul et Freud (Calmann-Lévy, 1998) et Quartier Lacan (Denoël, 2001 ; rééd. Flammarion, 2004).

vendredi 16 avril 2010

Proust-Joyce, Deleuze-Lacan : lectures croisées

Philippe Mengue



Parution : mars 2010
Edition : l'Harmattan
Collection : Ouverture Philosophique
Prix : 13,5 €

Proust et Joyce sont lus par Deleuze. Mais Joyce l'est aussi par Lacan : quels sont les principes mutuels de leur lecture ? Qu'est-ce qui réellement les oppose ? Pour tous les deux, il y a un point, point de fuite, qui est à l'origine de l'oeuvre littéraire, fuite du sens, non-sens. En quoi la " ligne de fuite " deleuzienne a-t-elle néanmoins besoin d'être re-élaborée dans son rapport à ce qui " fuit " ? Qu'en est-il de ce Réel que chacun invoque ? Et du littéral dont chacun se réclame ?

mercredi 14 avril 2010

Vous êtes sale... je peux tout vous dire - Itinéraire d'une psychanalyste

Cécile Sales



Paru le : 09/04/2010
Editeur : Félin (Editions du)
Collection : Les marches du temps
Prix : 19,90 €

Quand un patient m'a dit un jour, jouant sur mon nom : " Vous êtes sale et je peux tout vous dire...
", j'ai souri en moi-même et n'ai évidemment rien répondu. Mais cet homme, qui se décidait enfin à parler de " choses sales " me renvoyait sans te savoir à ma propre analyse, il y a des dizaines d'années. Quelle que soit en effet la distance nécessaire à laquelle le psychanalyste est contraint pour le déroulement de la cure, il reste tributaire de son histoire personnelle, des malheurs, chagrins, blessures, des tragédies parfois qui l'ont marqué et des événements qui continuent de l'affecter.
On n'exerce pas ce métier par hasard, et chaque psychanalyste, avant de devenir le traducteur de l'inconscient a dû se confronter à l'épreuve de la cure, non seulement par obligation professionnelle mais en raison de sa propre souffrance. Evidemment, le psychanalyste ne raconte pas sa vie à l'analysant même si celui-ci perçoit de nombreuses facettes de sa personnalité. En fin d'activité - ce qui est mon cas - ils sont fort rares à évoquer leur propre cheminement et leur constant effort d'introspection dans l'écoute de leurs patients.
Seule la connaissance continue qu'il a de lui-même et la perception de la place qu'il occupe lui permettent d'affronter les enjeux passionnels de la cure. C'est ce que j'ai tenté de faire dans ce texte qui est à la fois la mise à nu de ma propre analyse et la manière dont j'ai exercé ce métier avec ses réussites et ses échecs. Voilà ce que j'étais, voilà ce que je suis. Mon seul outil, c'est moi-même et la relation que je noue avec l'autre et qu'il noue avec moi.
J'ai écrit ce livre pour tous ceux - analysants ou non - qui veulent saisir le coeur de l'expérience analytique.

Quelle politique pour la folie ? - Le suspense de Freud

Guy Dana



Paru le : 07/04/2010
Editeur : Stock
Collection : L'Autre Pensée
Prix : 20 €

C'est un nouvel espace d'hospitalité à la folie que ce livre tente de penser à partir de ce que l'auteur, psychiatre et psychanalyste, a pu créer au sein même du service qu'il dirige et dans les cures auprès des malades.
Partant des principes directeurs de la psychanalyse, l'idée tenace de ce livre est qu'une politique qui s'installe au coeur de la ville peut permettre de contourner la menace qui pèse actuellement sur le champ social dans son entier, et sur la psychiatrie en particulier : exigence de rendement et instrumentalisation de nos peurs, évaluation tronquée par les normes, culte de la performance et du résultat.
Dans ce contexte, l'isolement sécuritaire et la réponse médicamenteuse systématique peuvent-ils être évités ? Guy Dana répond, soutenu par l'inventivité de la psychanalyse, en privilégiant une solidarité indéfectible avec ceux qui sont au quotidien sur le terrain. Il montre, et l'idée est novatrice, que les impasses que l'on rencontre dans le traitement des psychoses sont aussi des balises pouvant ouvrir un nouvel horizon.
La psychanalyse, pense-t-il, revisitée par Freud, Lacan et Winnicott, est aujourd'hui l'antidote qui permet de proposer et d'initier de façon rigoureuse une autre approche de la folie et de la souffrance humaine. Malgré, ou avec, un certain suspense.

Comprendre pour aimer La psychanalyse

Marie-Jean Sauret, Christiane Alberti, Michel Lapeyre, Marie Révillion



Sortie prévue le : 15/04/2010
Editeur : Milan (Editions)
Prix : 22 €

Comprendre pour aimer la psychanalyse est un ouvrage incontournable, complet et très abordable pour ceux et celles qui souhaitent en savoir plus sur eux-mêmes par le biais de cette thérapeutique. Inventée par Freud en 1896, la psychanalyse place l’inconscient à la base de la raison humaine : c’est lui qui gouverne le fonctionnement de la pensée.

jeudi 1 avril 2010

LA NON-EXCOMMUNICATION DE JACQUES LACAN. Quand la psychanalyse a perdu Spinoza

José Attal



Parution : mars 2010
Edition : Cahiers de l'Une-bévue
Prix : 20 €

Freud est resté discret sur l’importance qu’avait pour lui Spinoza, son «frère d’incroyance », tout en déclarant : «J’admets tout à fait ma dépendance à l’égard de la doctrine de Spinoza ». En revanche, on connaît le goût de Jacques Lacan pour le philosophe marrane. Sa chambre d’étudiant était tapissée du plan de l’Éthique, et dans sa thèse de psychiatrie, la doctrine de Spinoza est présentée comme « la seule conception » pouvant rendre compte de la psychose paranoïaque.
En 1964, Lacan est exclu de l’Association Internationale de psychanalyse. Dans le vide qui se présente alors, propice à une nouvelle fondation, Althusser prend en charge Lacan qui traverse une crise grave, et en fait, à la manière de Machiavel, un Prince dont il sera le conseiller. Ainsi, c’est un Lacan sous influence qui trouve refuge à l’École Normale Supérieure pour y tenir séminaire, et qui déclare, dans la première séance, qu’il vient de subir une excommunication, celle même du marrane Spinoza, un herem, dans son degré maximal, chamata.
Sa « cogitation spinozienne » prendra fin en récusant la position de Spinoza à l’endroit du sacrifice et de l’Amor intellectualis dei comme n’étant pas tenable pour le psychanalyste. Le psychanalyste ne peut pas être excommunié.
Avec le plus grand respect, Lacan a congédié Spinoza qui avait tant compté pour lui. Ce geste est loin d’être reconnu par nombre de psychanalystes aujourd’hui, – de fait, « althussero-lacaniens » –, dont l’affiliation à leur groupe repose souvent sur une identification à un Lacan excommunié, propre à unifier ce qu’ils appellent « le peuple psychanalytique ».

Manie, mélancolie et facteurs blancs

German ARCE ROSS



Parution : mars 2010
Edition : Beauchesne
Collection : Le Miroir des Savants
Prix : 48 €


Cet ouvrage de 400 pages, résultat d'une recherche théorique et clinique de plus de quinze ans, propose un regard nouveau sur la clinique de la psychose maniaco-dépressive, en apportant des notions originales concernant le déclenchement et l'évolution du délire à l'oeuvre dans cette pathologie ainsi que les aspects essentiels de son étiologie. Nous pouvons désormais nous référer à des termes nouveaux : forclusion maniaque (forclusion à caractère altruiste d'un aspect mortel de la fonction paternelle, dont l'acte suicidaire est le point de perspective) ; délire de mort, défini comme l'ensemble délirant propre à la psychose maniaco-dépressive ; facteurs blancs, pivot d'une théorie originale sur le déclenchement. Les facteurs blancs réactualisent la valeur vide et suicidaire de la forclusion maniaque du Nom-du-Père et sont impliqués dans le déclenchement. Partant de situations négatives - pertes, ruptures, deuils, ruines financières ou modifications radicales des conditions habituelles de vie -, ils représentent des événements à valeur de nuisance qui demeurent pourtant vides de toute valeur de nuisance. Ils produisent des espaces vides dans le déroulement de la chaîne signifiante, laquelle est censée représenter un à un, de manière enchaînée et selon une logique propre, les événements cruciaux d'une vie. Ce livre est destiné aux praticiens (psychiatres, psychologues, psychanalystes, psychothérapeutes), aux chercheurs (enseignants, érudits, étudiants) en psychopathologie, ainsi qu'aux patients et aux familles confrontés aux questions et aux problématiques posées par les troubles bipolaires maniaco-dépressifs, les mélancolies anxieuses, les tendances suicidaires, les deuils pathologiques et, dans une certaine mesure, les troubles de l'alimentation.

Seul parmi les autres. Le sentiment de solitude chez l'enfant et l'adolescent

Sebastien Dupont



Parution : mars 2010
Editions : Erès
Collection : La vie de l'enfant
Prix : 28 €

À une époque où l'on demande toujours plus d'autonomie à nos enfants, l'auteur invite à réfléchir à la question complexe du sentiment de solitude chez l'enfant et l'adolescent. Qu'est-ce que la solitude psychologique ? Comment s'articule-t-elle à l'isolement réel ? Comment s'acquiert la capacité d'être seul ? Le sentiment de solitude est-il toujours conscient ? Comment se manifeste la souffrance de la solitude ?
S'il est rarement évoqué par les enfants eux-mêmes - alors que nombreux sont les adultes qui disent, dans l'après-coup, en avoir souffert dans leur enfance -, le sentiment de solitude apparaît comme une composante intrinsèque du développement. Il est l'agent affectif du long processus de séparation-individuation du sujet grandissant. L'enfant, qui naît à la subjectivité dans la dépendance à autrui, éprouve progressivement sa solitude psychique. Il a le sentiment de penser seul, de désirer seul, d'être unique... Mais, à côté de ces dimensions maturatives du sentiment de solitude, existent aussi des dimensions souffrantes : sentiment de ne pas être aimé, de ne pas exister aux yeux des autres, d'être exclu, marginal, abandonné, sans recours face à l'adversité... Tout au long de son enfance, le sujet est ainsi confronté à un paradoxe des relations humaines : il découvre et apprivoise sa propre solitude en présence d'autrui, il doit apprendre à être « seul parmi les autres ».
Cet ouvrage apporte des repères utiles pour appréhender les souffrances contemporaines telles que l'hyperactivité, les dépressions, les troubles des conduites ou les diverses addictions qui peuvent être interprétées comme les symptômes d'une « psychopathologie de la solitude ».

Il n'y a pas de rapport sexuel - Deux leçons sur "L'Etourdit" de Lacan

Alain Badiou, Barbara Cassin



Paru le : 31/03/2010
Editeur : Fayard
Collection : Ouvertures
Prix : 12 €

Dans « L’Étourdit », paru en 1973 et tenu pour l’un de ses textes les plus obscurs et les plus importants, Lacan pose certains concepts essentiels de son œuvre, dont la formule fameuse « Il n’y a pas de rapport sexuel », qui interroge la validité de notre rapport au réel. Alain Badiou et Barbara Cassin s’emparent de ce court texte pour penser « avec » lui et en offrent deux lectures qui prennent le savoir pour enjeu. Barbara Cassin l’envisage à partir de son rapport intime aux choses de la langue ; Alain Badiou analyse ce que la philosophie prétend pouvoir dire quant à la vérité.
Ces études de « L’Étourdit », en se faisant écho, éclairent d’un jour inédit la pensée de Lacan et proposent un nouveau partage entre la masculinité de Platon et la féminité de la sophistique.