mercredi 29 avril 2009

Poubelle égarée au bord d'une autoroute... - Que dit aujourd'hui la psychanalyse de la précarité ?

H. CASTANET, H. FREDA, S. GOUMET, PH .LA SAGNA, S PERAZZI, F . ROLLIER ET AUTRES



Paru le : 29/04/2009
Editeur : Pleins Feux
Collection : L'impensé contemporain
Prix : 20 €

Un cas:
Louise, 35 ans, sans emploi, sans revenus, erre la nuit, sans autre occupation que laisser "couler le temps". Le jour, elle consulte inlassablement dans les hôpitaux pour des douleurs corporelles qui lui font énigmes et pour lesquelles la médecine ne peut répondre. Elle livre : "je suis posée la , sans savoir qui je suis ni ce que je voudrais; je sais juste que je suis malheureuse. Au fond, j'ai toujours eu un problème d'identité." Lorsque 'elle quitte le scène du monde, elle sombre dans l'anéantissement rejoignant une position de déchet- objet chu de l'Autre maternel. Elle s'identifie à une "poubelle égarée au bord d'une autoroute. Lorsque ma mère est morte, c'est comme si on m'avait jetée d'une voiture, posée au bord de la route. je vois le monde avancer et moi une poubelle attendant que l'on me ramasse. "Sa position subjective, avec ses "'événements de corps" (J-A Miller), trouve des mots pour se dire...parce qu'une offre clinique permet de l'accueillir. Des conséquences concrètes s'en déduiront pour Louise.

Psychanalyste dans la cité - L'aventure de la Maison verte

Marie-Hélène Malandrin et Claude Schauder



Paru le : 24/04/2009
Editeur : Gallimard (Editions)
Collection : Françoise Dolto
Prix : 24 €

Le 6 janvier 1979, Françoise Dolto fonde la Maison verte avec cinq psychanalystes et éducateurs (Pierre Benoit, Colette Langignon, Marie-Hélène Malandrin, Marie-Noélle Rebois et Bernard This), à Paris, dans le XVe arrondissement.
C'est un lieu ouvert à tous, dont l'objectif est la socialisation précoce du tout-petit, de sa naissance jusqu'à trois ans. Pour Françoise Dolto, " cette relation précoce interhumaine - corporelle, affective et verbale - est une prévention formidable de souffrances "inutiles"". L'enfant vient à la Maison verte, accompagné d'un de ses parents ou d'un adulte tutélaire, passer un moment au cours duquel il entre en contact avec d'autres enfants et d'autres adultes : lui comme ses parents se préparent ainsi à la séparation au moment de l'entrée à la crèche ou à l'école.
Aujourd'hui, son rayonnement persiste: près de dix mille enfants et parents y passent chaque année, et de nombreux lieux se sont ouverts en France et à l'étranger sur son modèle. L'ouvrage réunit des écrits de Françoise Dolto sur la Maison verte (conférences, entretiens, lettres), inédits ou dispersés dans différents ouvrages. Marie-Hélène Malandrin retrace, en collaboration avec Claude Schauder (cofondateur de La Maisonnée, à Strasbourg), la chronologie, les débats et les enjeux théoriques et cliniques d'une idée toujours actuelle.
Les témoignages d'Annie Grosser et de Christine Roy (accueillantes à la Maison verte) complètent cette présentation, qui est accompagnée de documents d'archives de la Maison verte.

Pourquoi l'antisemitisme? Et si Freud s'etait trompé... Freud, la question paternelle et l'antisémitisme

Jean-Claude Stoloff



Paru le : 24/04/2009
Editeur : Pascal (Editions)
Prix : 17,50 €

La haine dont les juifs sont l'objet depuis des millénaires s'est trouvée dramatiquement confirmée au cours de notre époque moderne, censée pourtant avoir été marquée par les progrès de la civilisation et la victoire des Lumières.
Ainsi que Freud en avait eu l'intuition, seul un enracinement profond de l'antisémitisme dans l'inconscient des peuples est susceptible d'expliquer les résurgences et la constance d'une telle hostilité. Constance qui n'a d'égale que la survie du peuple juif et de la religion juive, en dépit des persécutions et des diverses tentatives de les détruire, faute d'avoir pu les assimiler ou les convertir.
Si les relations ambivalentes, tissées d'amour et de haine envers le père, constituent le coeur du phénomène religieux, en particulier dans les trois religions monothéistes, le judaïsme tire sa singularité d'une ténacité particulière à combattre l'idolâtrie, liée à la figure toute-puissante et narcissique du père primitif, pour lui substituer la notion purement abstraite d'un Dieu irreprésentable par les sens, législateur et miséricordieux, respectueux des limites de la Loi.
Cette persévérance inconsciente à perpétrer ce parricide dirigé contre le père primitif de la horde, et de s'opposer ainsi à la pulsion idolâtre dérivant de cette figure fascinante et source d'adoration pour tout sujet humain, a valu aux juifs de devoir subir, tout au long de l'Histoire, l'hostilité des autres peuples. Jean-Claude Stoloff soutient, que loin d'être comme le pensait Freud après bien d'autres penseurs des Lumières, le signe d'un attachement à une "religion fossile"dépassée par l'Histoire, cette survie et la vitalité du judaïsme sous ses diverses formes, provoquent des réactions d'intolérance, voire de haine.
Celles-ci constituent l'une des sources principales de l'antisémitisme, ancien et nouveau.

jeudi 23 avril 2009

La jouissance au fil de l'enseignement de Lacan

Jean-Marie Jadin et Marcel Ritter (dir.)



Paru le: 23/04/2009
Editeur : Erès
Collection : Actualité de la psychanalyse
Prix : 32 €

La jouissance est un concept-frontière situé à la jonction entre le corps et le langage ou la parole. Elle s’articule avec les principaux concepts fondamentaux de la psychanalyse tels l’inconscient, la répétition, la pulsion, le désir, le sujet. Elle constitue aussi un repère essentiel pour la pratique psychanalytique en raison de ses rapports avec le symptôme et l’interprétation. Enfin, elle apparaît comme une notion centrale pour penser le rapport entre les sexes.

Le lecteur trouvera dans cet ouvrage un parcours chronologique, à travers l’ensemble de l’œuvre de Lacan (les Séminaires, les Écrits, les Conférences, les entretiens et interventions diverses), des différentes étapes de la création du concept de jouissance.

Penser/Rêver N° 15

Toute-puissance
Michel Gribinski (dir.)



Paru le: 16/04/2009
Editeur : Olivier (Editions de l')
Prix : 20 €

Chez Sa Majesté le Bébé, tout va bien : la toute-puissance fait coïncider " je veux " et c'est.
Je veux le sein - il est là. Ensuite, les ennuis commencent : " Je veux " et. rien. Mais la toute-puissance originaire continue sa vie dans la pensée et, plus tard, chacun continue de croire au pouvoir de sa propre pensée. Parfois Sa Majesté le Bébé devient un maître, un tyran, un représentant de Dieu, ou simplement un homme d'État. Je veux le sein, et ses substituts sont là - le pouvoir, l'argent, l'amour -, et aussi la chose même.
Comprendre comment le collectif, complice de ses tout-puissants, peut en venir à affronter alors une impuissance mortelle, n'est-ce pas voir en quoi l'individu devrait admettre en lui-même une impuissance vitale ?.

Je ne m'aime pas - Un peu, beaucoup, à la folie...

Alexandra Choukroun



Paru le: 08/04/2009
Editeur : Archipel (L')
Prix : 16,95 €

" J'ai été nulle à cette soirée ".
" Je me déteste quand je réagis de cette façon ". " Il ou elle est trop bien pour moi ". Il n'est pas rare de porter sur soi-même un jugement négatif. Du simple complexe physique au réel dégoût de soi, en passant par certains aspects insoupçonnés de l'autodépréciation, Alexandra Choukroun explore les secrets de nos fondations psychiques. Face aux défaillances narcissiques, au " je ne m'aime pas ", ce livre donne des pistes pour changer progressivement de regard sur soi, retrouver la confiance et oser affronter l'épreuve du miroir.
Comprendre l'origine du manque d'amour de soi, acquérir de nouvelles aptitudes et cheminer vers l'auto-accomplissement : tels sont les enjeux de cet ouvrage. Tant il est vrai que mieux s'aimer soi-même, c'est mieux accueillir la vie.

jeudi 16 avril 2009

L'autre pratique clinique - Psychanalyse et institution thérapeutique

Alfredo Zenoni



Paru le : 09/04/2009
Editeur : Erès
Collection : Point hors ligne
Prix : 28 €

«Notre intervention n'a pas consisté à installer un cabinet d'analyste dans l'institution, ni à remplacer le psychothérapeute par l'analyste, mais à essayer de déplacer le dispositif institutionnel dans le champ de la clinique définie par la théorie freudienne de la causalité. Tout comme la question n'est pas de savoir si la psychanalyse peut être comptée parmi les sciences, mais bien si la science peut compter avec la psychanalyse, de même en ce qui concerne l'institution psychiatrique, la question n'est pas de savoir si la psychanalyse peut y être comptée parmi les soins qu'elle pourvoit, mais bien si le soin psychiatrique (hébergement, assistance sociale, médication) peut compter avec la psychanalyse, peut être orienté par les hypothèses de la psychanalyse.» AZ

Dans cet ouvrage, basé sur une expérience décennale dans une communauté thérapeutique, l'auteur expose les coordonnées théoriques et cliniques d'une pratique en institution qui résulte non pas tant de l'addition de disciplines particulières (la fameuse «interdisciplinarité») que d'une certaine dé-spécialisation, au profit d'une disponibilité à la rencontre avec le patient, indépendante de lieux, activités ou diplômes spécifiques. Cette autre pratique clinique fait appel à l'initiative et à la responsabilité de chaque acteur, dans le cadre d'une «pratique à plusieurs» dont témoignent ici les anciens collègues de travail d'Alfredo Zenoni en introduisant les différentes parties du livre.

Alfredo Zenoni est docteur en psychologie, psychanalyste, membre de l'Ecole de la Cause freudienne et enseignant à la Section clinique de Bruxelles. Il a travaillé comme psychologue et comme responsable thérapeutique dans un foyer de postcure à Bruxelles jusqu'en 2004.

Mémoire de l'inhumain. Du trauma à la créativité

Sidney Stewart



Paru le : 25/03/2009
Editeur : Campagne Première
Collection : Un parcours
prix : 21 €

Psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris, Sidney Stewart (1919-1998) fut, en 1942, l'un de ces jeunes combattants américains de la guerre du Pacifique faits prisonniers par l'armée japonaise. Pendant quatre ans, d'un camp à l'autre, des Philippines au Japon et en Corée, il a connu l'atrocité des privations et des humiliations, et le déchaînement d'une sauvagerie qui a pu conduire à l'animalité. Unique survivant de son camp, il écrivit, à son retour, Give Us This Day (Nous sommes restés des hommes, publié ici en première partie) pour rendre hommage à ses compagnons de souffrance, «pour essayer de comprendre et de faire savoir comment les êtres humains s'efforcent de vivre et de survivre dans ces situations inhumaines extrêmes» (Joyce McDougall) et pour, grâce au récit - comme on le fait dans l'analyse -, restituer à chacun sa part de subjectivité.
La seconde partie rassemble des articles tirés de sa pratique audacieuse avec des patients ayant, comme lui, vécu d'importants traumatismes. L'affrontement à la vérité ne s'est jamais séparé chez lui du besoin impérieux de sublimation, qu'il a manifesté dans ses multiples activités d'artiste.

Extraits d'une oeuvre

Jacques Hassoun



Paru le : 16/03/2009
Editeur : L'Harmattan
Prix : 23,50 €

Jacques Hassoun, dans une délicate impudeur, n'a jamais cessé de se dévoiler dans ses élaborations théoriques.
A lire ses livres et articles, on ne peut qu'être sensible aux mouvements de sa pensée marquée par une infatigable reprise, à la lumière de la psychanalyse, de tout ce qui l'a constituée. Ses réflexions se sont nourries en permanence de la reprise dialectique de son histoire dans l'Histoire. Les termes d'auteur et d'acteur pourraient le qualifier. Auteur, il n'a jamais cessé d'écrire sa vie de sujet et de citoyen, sa vie d'homme sujet de l'inconscient et du politique.
De même, il n'a jamais cessé d'en être l'acteur - celui qui acte -, que ce soit dans le domaine social ou politique. Traversant la diversité des thèmes, émergent de l'écriture de J. Hassoun des mots récurrents - des signifiants - qui témoignent de ses préoccupations fondamentales. Pour n'en retenir que quelques-uns, citons: contrebandier, passage, langue, exil et passion. Les différents champs que J. Hassoun parcourt ne viennent pas simplement en illustration, appui ou référence.
Ils se croisent de manière à constituer des points de nouage pour élargir ou approfondir sa recherche et témoignent de la démarche intellectuelle d'un homme qui se laissait angoisser par le politique. Conformément au titre d'un de ses livres (Les contrebandiers de la mémoire), J. Hassoun apparaît lui-même comme un contrebandier. Contrebandier-braconnier, passeur d'invisible ou chasseur de leurres hors saison, c'est dans cet inconfort et cette non-conformité assumés qu'il trouvait raison à privilégier Eros plutôt que Thanatos, à poursuivre son travail et à en rendre compte.

mercredi 8 avril 2009

Savoir et clinique n°10

Le Corps à la mode ou les images du corps dans la psychanalyse



Avril 2009
Edition Erès

Ont participé à ce numéro : PARVEEN ADAMS - SYLVIE BOUDAILLIEZ - LUCILE CHARLIAC - ANOUCHKA GROSE - FRANZ KALTENBECK - DIANA KAMIENNY-BOCZKOWSKI - MELTEM KUTAHNECI - DARIAN LEADER - BRIGITTE LEMONNIER-PRADES - CORINNE MAIER - SOPHIE MENDELSOHN - GENEVIEVE MOREL - MONIQUE VANNEUFVILLE - MARTINE VERS - DIANE WATTEAU - BENJAMIN WEIL - FREDERIC YVAN -


Alors que s’effondre l’idée d’une identité du sujet à portée universelle (nationale, politique, familiale ou autre), nous cherchons désespérément un appui sur quelque chose qui nous appartienne en propre, sans aucune contestation possible. Or, le corps semble répondre à cette exigence contemporaine : habeas corpus. De croire que nous l’avons, nous en venons même à imaginer que nous le sommes : nous sommes cette image que nous renvoie le miroir, flatteuse ou désespérante, jamais indifférente.
La mode nous offre cette identité singulière, changeante, et en même temps universelle, à laquelle nous aspirons tant. Elle nous fait désirer, elle nous rend (croyons-nous) désirables. De la mode nous voici insensiblement amenés au symptôme, le signe de ce qui ne va pas dans le réel et qui touche toujours au corps, et donc à son image, puisque c’est tout ce que nous en appréhendons. Nos symptômes, ces « événements de corps », disait Lacan, s’enracinent dans l’imaginaire contemporain. Loin d’être intemporels, ils empruntent leur « enveloppe formelle » à des courants sociaux qui les façonnent, à des modes.

Quid pro quo °4

Mars 2009



Editeur : EPEL
Collection : Quid pro quo
Prix : 15 €

Teresa de Lauretis, Le gai savoir ou la norma Traviata, pour
Mario Mieli, Éléments de critique homosexuelle

Marie-Claude Thomas, Rejouer la causalité ?, pour
Gérard Pommier, Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse

Yan Pélissier, Opposer lalangue à la langue : une erreur de lecture, pour
Philippe Lacadée, L'Éveil et l'exil

Dominique de Liège, Ceci n'est pas un livre, pour
Bernard Casanova, Sur la psychanalyse et sur sa fin

Guy Casadamont, Althusser derrière là le V en masse, pour
Louis Althusser, L'avenir dure longtemps

Laurent Cornaz, Une spiritualité sans aveux, pour
Saint Augustin, Les Aveux

La nécessité du chagrin d'amour Alain-Fournier ou l'invention de l'adolescence

André Agard



EPEL, Collection "des traces"
mars 2009
19 Euros

L’adolescence est une invention récente des sociétés occidentales, dont Le Grand Meaulnes fut un signe avant-coureur. Encore pris dans la crise dont il élabore le mythe, Alain-Fournier en offre par la même le paradigme. Sa vie, vouée à l’adolescence par sa mort prématurée, en éclaire tous les ressorts.
A quoi servent les chagrins d’amour ? Pourquoi devient-on écrivain ? Et comment devient-on un vélocilecteur, avide de ballades solitaires et de livres où s’inventer par les mots des autres ?
Un roman, écrit avant la première guerre mondiale, rencontre un demi-siècle plus tard un lecteur aussi jeune que son héros, lui ouvre un passage vers la psychanalyse et change sa vie.

La Cause freudienne n°70

Décembre 2008 - Editions Navarin



Philippe Hellebois Editorial
Christiane Alberti L’homme qui voulait être normal
Hervé Castanet Une clinique de la contingence
Philippe De Georges Contrepoint
Yves Depelsenaire Il était une fois le rapport sexuel
Jacqueline Dhéret La vie cachée de Clotilde
Hugo Freda « Sexuel, vous avez dit ‘sexuel’ » ?
Sylvie Goumet Cialis et Viagra
Philippe Hellebois La femme qui étouffe
Dominique Laurent Des souris et des femmes
Bernard Lecoeur Un rapport à lalangue
Alain Merlet Déception –trahison
Marie-Hélène Roch Le pacte silencieux
Science
Eric Laurent Présentation
Denis Noble Qu’est-ce que la biologie du XXIe siècle ouvre comme perspectives sur la sexualité ?
L’orientation lacanienne
Jacques-Alain Miller L’invention du délire
Conférence au Teatro Coliseo
Etudes lacaniennes
Eric Laurent Usages des neurosciences pour la psychanalyse
Jean-Pierre Clero Hyppolite et Lacan
Marie-Françoise De Munck Les femmes écrivent l’amour
Alfredo Zenoni Le plus de jouir dans la névrose obsessionnelle
La passe
Témoignages Jacques- Alain Miller Présentation
Ana Lutterbach Holck Femmes et objets
Carmelo Licitra Rosa Vivre…après la passe
Cécile Menghi Un raclement de voix
Luis Dario Salamone Bien plus qu’un truc
Bernard Seynhaeve Une lettre arrive toujours à son destinataire
Massimo Termini Ce qui arrive
Antoni Vicens De la banalité de la scène primitive
Discussions
Lilia Mahjoub Modalités de la passe au XXIe siècle
Monica Torres La sortie de la cure, ses limites et la passe
Entretiens
Karin Albou Filmer le non-dit
Pascal Dusapin Composer avec la vie
Instantanés
Nathalie Georges L’Algérie réinventée par la psychanalyse
François Leguil H. Rey-Flaud : L’enfant qui s’est arrêté au seuil du langage
Claude This Rais de lumière dans la peinture de Gustave Courbet
Note au lecteur

mercredi 1 avril 2009

La nouvelle économie psychique - La façon de penser et de jouir aujourd'hui

Charles Melman



Sortie prévue le : 02/04/2009
Editeur : Erès
Collection : Humus
Prix : 23 €

« La psychanalyse est-elle capable de répondre aux défis nouveaux que pose la transformation culturelle à laquelle nous assistons ? Le défi est très simple, il est de savoir si nous serons capables de préserver ce qui est la caractéristique de l’humanité, c’est-à-dire la possibilité de l’analyse, de la réflexion et du choix de ses conduites dans une mutation culturelle qui se présente comme très impérative quant aux comportements, et laisse peu de place au choix et à la réflexion.

« Cette mutation culturelle, qui entraîne la mutation des rapports entre les sexes, implique de nouveaux symptômes : ce qui est guéri d’un côté se trouve en souffrance de l’autre côté.

« La psychanalyse ne peut pas être une psychothérapie sociale ; elle ne peut pas apporter de remède à l’échelle sociale, ni en aucune manière se présenter comme un guide des conduites sociales. Ceci étant, la psychanalyse a néanmoins une vertu subversive, une vertu dérangeante, une vertu ‘urticariante’ - la philosophie jouait ce rôle autrefois dans l’Antiquité - une façon d’amener les gens à s’étonner un peu sur leur existence. Le psychanalyste qui intervient en public ne cherche ni à plaire ni à séduire mais à dire frontalement ce que sont ses positions. Il est aujourd’hui l’un des rares à pouvoir maintenir une opposition qui ne soit pas seulement velléitaire. Par exemple, il y a des mouvements de résistance à la mondialisation, mais ce sont des mouvements velléitaires qui n’ont pas de support théorique susceptible d’amener, d’entretenir la réflexion et de justifier pleinement l’opposition. Aujourd’hui, la psychanalyse est bizarrement la seule, au moment où on nous promet tous les bonheurs, tous les progrès, à dire ‘non, ça ne va pas’. » CM

Dans un texte très vivant, issu de conférences tenues au Brésil et en Belgique, d’un débat avec Pierre Beckouche et Marcel Gauchet ainsi que d’un nouvel entretien avec Jean-Pierre Lebrun, Charles Melman poursuit la réflexion engagée dans L’homme sans gravité (Denoël, 2003, Folio). Il précise ici les nouvellSes modalités cliniques produites par cette mutation culturelle, qui nous entraîne notamment vers le matriarcat, et noue sa réflexion à notre actualité : « Ce que nous n’avions pas prévu dans L’homme sans gravité, c’est que la crise économique actuelle allait être l’expression sociale de cette dérégulation dont nous parlions, c’est-à-dire le fonctionnement sans limite et sans restriction d’une économie de l’échange ».

La mélancolie - Vie et oeuvre d'Althusser

Gérard Pommier



Paru le : 01/04/2009
Editeur : Flammarion
Collection : Champs Essais
Prix : 10 €

La somme de publications, de manuscrits et de témoignages qui concernent l'œuvre et la vie d'Althusser en feront sans doute un cas aussi exemplaire pour l'étude de la mélancolie que Schreber, lu par Freud, le fut pour la paranoïa. Face à un philosophe qui marqua toute une génération et dont les avancées renouvelèrent radicalement le marxisme, comme celles de Lacan donnèrent à Freud sa pleine efficacité, une question majeure se pose : quelle relation folie et raison entretiennent-elles ? Loin de séparer son œuvre et son délire et sans considérer un instant que la logique de ses thèses aurait été construite pour faire barrage à sa psychose, Althusser a cherché à élucider les points de jonction, les passes obscures, comme si la démence de l'histoire trouvait sa raison dans celle de sa propre folie.

Cet ouvrage ne prétend pas interpréter ce qu'a écrit Althusser, et encore moins imaginer ce qu'il n'a pas écrit ; il se propose de lire ce qu'Althusser appelait lui-même des symptômes, et d'effectuer ensuite des déductions si des recoupements suffisamment nombreux le permettent. Les conséquences en sont examinées aussi bien en amont, dans le champ du «fantasme», qu'en aval, dans celui de la «théorie», dès lors que le philosophe a donné des indications explicites qui autorisent cette démarche.

Psychanalyse de l'informe - Dépersonnalisations, addictions, traumatismes

Sylvie Le Poulichet



Paru le : 01/04/2009
Editeur : Flammarion
Collection : Champs Essais
Prix : 8 €

L'informe désigne en psychanalyse ce qui se joue quand les identités vacillent - un visage qui ne se reconnaît plus dans le miroir, un corps vécu comme un cadavre. Face à ces processus limites où se brouillent les frontières entre le moi et l'objet, le dehors et le dedans, l'animé et l'inanimé, quelle sera l'écoute de l'analyste? en vue de quel secours?
S'appuyant sur une riche expérience clinique, Sylvie Le Poulichet présente certaines énigmes suscitées par l'informe et montre qu'elles sollicitent plus que jamais l'analyste dans sa capacité à entendre l'inouï. Ainsi se dessinent des itinéraires singuliers au terme desquels le patient peut s'inventer une nouvelle "résidence dans le corps".