samedi 27 mai 2017

Elie Doumit : Lacan ou le pas de Freud. Mythes et mathèmes

Eme Editions - Mai 2017 - Lire en psychanalyse


En commentant de façon éclairée le dire de Lacan, les différents articles de ce livre frayent un chemin dans la suite de la démarche freudienne. Non sans la déplacer à condition de se déplacer soi-même et d'expérimenter soi-même les changements de cap et les rebroussements qui font la vie de l'inconscient et de sa logique. 
Grâce au style rigoureux, logique, rationnel et pédagogique de Élie Doumit qui ne cède jamais sur les points les plus difficiles de l'enseignement de Lacan, le lecteur pourra se frayer un chemin nouveau dans son abord de la psychanalyse et sa rencontre avec le Réel de l'expérience.
 
Élie Doumit est psychanalyste à Lille, Rabat et Casablanca (Maroc). Il est membre de L'ALI (Association lacanienne internationale). Il est le fondateur de L'École psychanalytique du Nord. Il a enseigné la philosophie des sciences et la psychanalyse à l'Université Charles de Gaule à Lille.

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Stein Fossgard Grontoft : De la pulsion au sinthome. Vers une jouissance non-œdipienne généralisée

PU Rennes - Mai 2017 - Clinique psychanalytique et psychopathologie


La pulsion, concept fondamental de la psychanalyse, doit-elle être conceptualisée en termes dualistes ou monistes ? A partir d'un modèle conflictuel fondé sur deux principes premiers essentiellement irréductibles et antagonistes, Freud a toujours cherché à conceptualiser la pulsion en termes dualistes : pulsion d'autoconservation vs pulsion sexuelle partielle, libido de moi vs libido d'objet, pulsion de vie vs pulsion de mort. Interprétation biologique de la pulsion de mort, compulsion de répétition comme tendance restitutive, et dualisme pulsionnel ; ces choix théoriques sont en effet liés pour Freud. Lacan, pour sa part, était porté par un "pousse-à-l'unarisme" ; à partir du modèle du ratage, de la topologie des surfaces et du mythe de la lamelle, son intuition fondamentale était que la pulsion doit être conceptualisée en termes monistes. Lacan parvient ainsi à injecter non seulement le plaisir, mais surtout la jouissance, cette satisfaction paradoxale qui fait souffrir, dans la structure fondamentale – dans le but – de la pulsion. Cette démarche implique que la pulsion de mort et le masochisme soient des aspects de chaque pulsion. Nous considérons ainsi la persistance du dualisme chez Freud, malgré ses évolutions, comme une résistance à une évidence moniste qui s'impose, et par ailleurs, comme son traitement. Pendant un certain temps chez Lacan, le concept de pulsion sera pourtant éclipsé par le concept de répétition, répétition de jouissance en tant que plus-de-jouir. Or la pulsion moniste fait finalement un retour discret lorsque les questions du symptôme et du corps vivant qui se jouit sont mises en avant dans son dernier enseignement. Le monisme pulsionnel s'avère être une condition de possibilité pour le sinthome. A partir d'une revalorisation du versant de la pulsion de vie du point de vue de l'Un d'existence, le sinthome comporte une "homéostasie supérieure", c'est-à-dire une satisfaction qui inclut ce qui la dérange, une "répétition qui sauve". De plus, le sinthome en tant que pur événement de corps implique la généralisation d'une jouissance non-oedipienne, non-phallique, et par conséquent hors-savoir et hors-sens, qui ex-siste à l'être.

Stein Fossgard Grontoft est psychanalyste, philosophe et économiste. Ce livre est issu d'une thèse de doctorat en psychanalyse, soutenue à l'université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, sous la direction de Sophie Marret-Maleval.

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lundi 22 mai 2017

Moustapha Safouan : Le puits de la vérité. La psychanalyse et la science

Hermann - Mai 2017 - Psychanalyse


« En réalité nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits », rappelle Démocrite, qui souligne la nature mouvante et insaisissable de la vérité. Elle est pourtant ce que le sujet demande dès qu’il parle. En somme, la vérité est une passion infantile, autant dire primordiale. La vérité ici ne désigne pas un objet. On en fait usage comme un attribut qui caractérise certains énoncés en les distinguant de leurs contraires, taxés de mensonges. Lacan a pourtant substantivé la vérité et lui a même prêté sa bouche : « moi, la vérité, je parle » ; mais son discours ne semble pas avoir contribué à faire revenir les analystes sur la conception qu’ils se font de leur tâche comme recherche de la vérité. 
Recherche de la vérité qui ne peut qu’être en même temps une délimitation du réel. C’est ce double mouvement que Moustapha Safouan suit ici, au travers des figures de la science et de la psychanalyse dans leur dialogue avec le lieu où la vérité s’étreint puis se dérobe sans cesse.

Moustapha Safouan est psychanalyste, il a été parmi les premiers à suivre l’enseignement de Lacan dès ses débuts en 1951.

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mercredi 8 mars 2017

Savoirs et clinique - Numéro 2017/1 - n° 22 - Sexe, savoir et pouvoir

Erès - Mars 2017


Comment la clinique analytique affronte-t-elle ce qui nous dépasse dans le sexe, le savoir et le pouvoir ? En quoi les évolutions de la théorie nous permettent-elles de nous orienter dans l’écheveau formé par ces trois concepts noués par le langage et l’écriture ? Le savoir s’appuie sur le langage. Le pouvoir n’est pas pensable sans l’usage du signifiant, ce dont Lacan tient compte avec son concept du « signifiant maître », qui à la fois représente le sujet et est au service de l’ordre dominant. Les hommes et les femmes ne se rapportent pas de la même façon au langage : les femmes ne se rangent pas à part entière dans le domaine défini par la fonction phallique, censée soumettre tout un chacun à sa législation castratrice. Tout choix reposant sur un acte de langage, le signifiant accorde à une femme – ou un homme – une marge de liberté pour choisir son sexe malgré l’anatomie de son corps (ce qui ne veut pas dire qu’il ou elle en fasse abstraction).
Pourquoi souhaiter donner au savoir le privilège sur les deux autres ? Un savoir peut-il exister sans pouvoir ? Le sexe lui aussi, par le biais de la libido, participe à la production de savoirs (sublimation ou symptôme créateur – « sinthome »).

Page 7 à 13 : Franz Kaltenbeck, Monique Vanneufville - Éditorial | Page 14 à 24 : Geneviève Morel - Vivons-nous dans une ère post-phallique ? | Page 25 à 33 : Néstor A. Braunstein - L’œuvre d’amour à l’époque de sa reproductibilité technique | Page 34 à 43 : Marcela Iacub - La domination sexuelle des femmes | Page 44 à 53 : Michael Meyer zum Wischen - Nathalie St/G-R-Anger et l’inquiétante étrangeté de la maison des femmes | Page 54 à 63 : Christine Louchard Chardon, Yves Morhain - L’adolescent et le couple de ses parents | Page 64 à 76 : Franz Kaltenbeck - Perversion et psychose I Leurs différences et leurs interférences dans l’œuvre de Freud | Page 77 à 87 : Diane Watteau - Ne me touche plus ou Rien ne va plus entre sexe, pouvoir et savoir | Page 88 à 96 : Diana Caine - Le cas du patient G : traumatisme cérébral, psychose et psychanalyse | Page 97 à 104 : Caroline Gault - Image du corps et chirurgie bariatrique | Page 105 à 114 : Boris Chaffel - Naturalisations : deuil et violence coloniale | Page 115 à 118 : Aline Bourjot - « Que moi » | Page 119 à 124 : Geneviève Morel - Critique de film | Page 125 à 134 : - Comptes rendus de lecture.

samedi 4 mars 2017

Gisèle Chaboudez : Que peut-on savoir sur le sexe ? Un rapport sans univers

Hermann - Février 2017


Un chemin considérable a été parcouru depuis que Freud a mis au jour un nouveau savoir sur le sexe. La psychanalyse a exploré largement la causalité psychique, mais négligé relativement l'incidence des facteurs biologiques dans la sexualité. On peut, en relisant Lacan autrement, combler cette lacune et interroger la sexuation et la loi sexuelle à partir de son « roc biologique ». Un autre versant se découvre, d’où s’éclairent nombre de problématiques sexuelles du XXIe siècle, où la logique purement phallique n’est plus la seule référence, et avec l’émergence de nouveaux discours sexuels qui se réclament d’une multiplicité des modes de jouissance. 
Les civilisations ont établi entre les sexes un rapport universel, mais il n’y a d’universel que le rapport qui, comme tel, n'est pas sexuel. C’est ce que notre époque met en scène. À certaines conditions, la psychanalyse permet de penser les logiques à l’œuvre dans la société contemporaine, que Gisèle Chaboudez présente comme les « données actuelles du rapport sexuel ».

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mercredi 1 mars 2017

Dominique Gauch : Entre rêve et foi, où se tient le sujet du désir ?

Erès - Février 2017 - Inconscient et spiritualité


L’auteure explore la question du rapport entre inconscient et foi, grâce à la redécouverte de la pertinence, de la profondeur et de l’effectivité de la pensée existentielle du poète roumain, juif, Benjamin Fondane. En ces temps où tente de s’imposer par la barbarie un Dieu idolâtre et méprisant de l’humain, l’auteure repose à nouveaux frais la question de la foi - qui, selon elle, ne peut être dénouée de la question de l’inconscient et du mal – par la médiation d’une critique du livre du Freud, Avenir d’une illusion, et de l’approche trop souvent réductrice de cette question par les psychanalystes. Sa redécouverte de l’effectivité de la pensée existentielle permet un déplacement fécond de cette question vers une expérience profonde et subjectivante.

Dominique Gauch est psychanalyste, installée à Paris, inscrite à la Société de psychanalystes du IVe groupe. Elle est aussi théologienne, diplômée de l’Institut protestant de théologie de Montpellier. Après des études scientifiques, face aux épreuves de sa propre existence, elle entame un long et profond travail de psychanalyse, étroitement lié à la question de la foi, redécouverte sous la forme d’une vraie affection pour les textes bibliques. Cela la conduisit à la redécouverte de la pensée et de la poésie existentielles du poète Benjamin Fondane.

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mardi 28 février 2017

Pierre-Henri Castel : Ames scrupuleuses, vies d'angoisse, tristes obsédés. Obsessions et contrainte psychique de l'Antiquité à Freud

Editions d'Ithaque - Février 2017


Culpabilité excessive, voire monstrueuse, petites manies angoissées, perfectionnisme, sentiment d’être forcé à toucher, à laver, à vérifier, idées horribles qu’on redoute de mettre en œuvre malgré soi, ces symptômes, que la psychiatrie qualifie aujourd’hui d’obsessions-compulsions, n’ont pas toujours existé.  Pierre-Henri Castel raconte ici comment toutes ces souffrances, souvent secrètes, se sont compliquées à mesure que la conscience morale devenait la valeur suprême de l’individu occidental. Des « scrupules religieux » au début du XVIIe siècle à l’invention par Freud de la « névrose obsessionnelle », il retrace, telle une épopée morale, la douloureuse naissance de notre intériorité.

Pierre-Henri Castel est directeur de recherches au CNRS (Paris Sciences et Lettres, Institut Marcel Mauss, EHESS – Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités, LIER). Ses travaux portent sur l’histoire et l’épistémologie de la médecine mentale, la philosophie de l’esprit et l’anthropologie sociale. Membre de l’Association lacanienne internationale (ALI), il exerce la psychanalyse à Paris.

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