dimanche 22 octobre 2017

Le Coq-Héron N° 229 : Ce que l'autisme interroge en nous

Erès - Septembre 2017


La question de l’autisme donne lieu à des approches politiques, institutionnelles, pluridisciplinaires et cliniques. Ce numéro tente de dépasser les clivages et les oppositions virulentes qu’elle suscite pour donner la parole à ceux qui travaillent ou vivent avec des personnes autistes. Il cherche aussi à apporter des éléments de réflexion à ce que son titre suggère : qu’est-ce que l’autisme interroge en nous, comme entre nous, subjectivement et collectivement, qui puisse faire ouverture à ceux qui en sont porteurs, et qui nous mobilisent tant ?


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samedi 21 octobre 2017

Sonia Combe et Antoine Spire : Maladie et Privation d'amour. De Christa Wolf à Canguilhem, pour un retour à la clinique

Le Bord de l'eau - octobre 2017


En novembre 1984, Christa Wolf ouvrait la première conférence de l'association des gynécologues psy-chosomaticiens de RDA réunis à Mag-Debourg. Dans son discours intitulé "Maladie et privation d'amour", elle s'interrogeait sur l'évolution de la médecine moderne dont les progrès en matière d'appareils médicaux éloignaient toujours davantage les praticiens de leurs patients. Par-delà son regard sur la relation entre l'âme et le corps, Christa Wolf informait aussi des attentes des femmes qui avaient pris au mot les promesses d'égalité des sexes en régime "socialiste réel". Quelques années plus tôt Georges Canguilhem, résistant au scientisme triomphant, se proposait de continuer à penser la médecine comme un art qui devait s'adapter à chaque individu malade. Déplorant la disparition progressive de la clinique, il plaidait pour un dialogue continu entre le patient et le médecin Tandis que Sonia Combe s'appuie sur le discours de Christa Wolf pour appréhender l'expérience communiste à partir de l'étude de genre, revenant sur la double leçon de Christa Wolf et de Canguilhem, Antoine Spire se demande dans quelles conditions un retour de la médecine à la pratique clinique pourrait se faire et répondre à la demande des malades.

Sonia Combe est historienne, associée au centre Marc Bloch à Berlin, où elle a enseigné à l'université Humboldt et à la Freie Universität. Antoine Spire est journaliste et universitaire. Il a dirigé pendant plusieurs années la recherche en sciences humaines à l'Institut national du cancer.

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vendredi 20 octobre 2017

Françoise Neau et Fanny Dargent (dirs.) : La honte. Ecouter l'impossible à dire

PUF - octobre 2017 - Petite bibliothèque de psychanalyse


L'expérience est commune, qui nous fait rougir ou mourir de honte. Diverse aussi : honte de ce que je suis ou de ce que je n'ai pas, honte de demander quand il faudrait taire ou de taire quand il faudrait faire, honte de soi ou honte pour eux. C'est toujours sous le regard d'un autre, et le jugement que nous lui prêtons, que la honte nous saisit, et parfois nous ronge. À cet autre qui la fait naître, comment la dire sans en être davantage accablé ?
L'écoute d'un psychanalyste peut aider à la dire sans en mourir, et ce faisant à la déplacer, c'est-à-dire à la transformer. Six analystes s'interrogent, à partir de ce qui survient dans le traitement, sur les accointances inattendues de cet affect avec l'excitation et le plaisir infantiles comme avec la rage et les blessures liées aux défaillances du moi et à la menace de ses idéaux ; ailleurs, c'est avec la culpabilité et la cruauté du surmoi qu'elle pactise. Et si la cure permettait de retrouver la face que la honte nous a fait perdre ?

Françoise Neau est professeur de psychopathologie clinique à l'université René-Descartes et psychanalyste. Elle a dirigé Cruautés (Puf, 2013) et collaboré à de nombreux ouvrages aux Puf.
Fanny Dargent est psychanalyste et maître de conférences en psychopathologie clinique à l'université Paris-Diderot. Elle est l'auteur de nombreux articles et contributions. Elle a reçu le prix Pierre Mâle pour son travail dans Blessures de l'adolescence (Puf, 2011).

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jeudi 19 octobre 2017

Bernard Lempert : Dans la maison de l'ogre. Quand la famille maltraite ses enfants

Le seuil - Octobre 2017


Engagé auprès d'enfants victimes de violences familiales à une époque où le mot même de maltraitance n'était pas reconnu dans le champ de la psychopathologie et où sa réalité était niée, le psychanalyste Bernard Lempert a contribué de façon considérable à la reconnaissance de la malfaisance de certains parents, contre le secret qui l'entourait et loin des mythes familialistes. Dans ce livre, il analyse avec une intelligence et une justesse remarquables la boucle où l'enfant victime, autre figure du bouc émissaire, est pris d'emblée : coupable dès sa naissance d'une faute imaginaire connue de ses seuls parents, il n'a d'autre issue que de payer pour elle, devenant leur serviteur (économique, psychologique ou sexuel), et intériorisant sa culpabilité insolvable jusqu'à adhérer au système de domination qui le maltraite, voire à le justifier en recourant à son tour à la violence – la boucle est bouclée.
Mené à partir d'une lecture profonde et subtile de la dramaturgie des contes, nourri d'anthropologie, ce livre intense est d'autant plus frappant qu'il est écrit avec la volonté de défaire le mécanisme de la violence, et d'avancer des contre-propositions libératrices pour tous les Peau d'Âne et Petit Poucet.

Bernard Lempert : Philosophe et psychanalyste, il a notamment publié, au Seuil : Le tueur sur un canapé jaune (2008) ; Critique de la pensée sacrificielle (2000) ; Désamour (1994).

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mercredi 18 octobre 2017

Stéphane Habib : Faire avec l'impossible. Pour une relance du politique

Hermann - Octobre 2017


Nous philosophons, psychanalysons et écrivons dans un monde. Il arrive qu'on l'oublie. On peut nommer politique l'inquiétude devant ce qui arrive dans le monde et au monde. À ce qui arrive au monde au nom du Califat, seul le politique peut faire réponse. Dans cette optique il s'agira de dégager le minimal du politique, en vue de sa relance. Apparaît alors une quasi synonymie entre psychanalyse et politique : l'une et l'autre ont en commun de faire avec l'impossible. Ni psychanalyse appliquée, ni psychanalyse du politique, mais penser avec la psychanalyse, s'en servir, faire travailler ses notions, parler ses langues, l'altérer aussi, la déplacer. Arendt nous apprend que dès qu'il est question de langage, le politique est engagé. Mais dès qu'il est question de langage, c'est le vif de la psychanalyse qui est également mis en jeu. Nouage inextricable de la psychanalyse et du politique, donc. Si la psychanalyse ne sort pas de ses institutions, de ses dispositifs, et, partant, ne se mêle pas au politique, alors nous tenons qu'il n'y a pas de psychanalyse qui vaille une minute de peine. À la vérité, une psychanalyse qui n'est pas sollicitée par le monde et ne le sollicite pas en même temps ne peut encore s'appeler psychanalyse.

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vendredi 13 octobre 2017

Christian Fierens et Frank Pierobon : Les pièges du réalisme. Kant et Lacan

Editions Modulaires Européennes InterCommunication SPRL - Août 2017 - Collection : Lire en psychanalyse


Peut-on croire à la réalité propre de l'être humain comme à celle d'une "chose" dont l'observation contiendrait tout ce qui est nécessaire à sa connaissance ? Non, car cette illusion piège la pensée et la dépouille de son pouvoir agissant et créateur, que soutiendraient des méthodes philosophiques comme l'architectonique de Kant et psychanalytiques comme la topologie de Lacan.

Christian Fierens est psychanalyste et a publié de nombreux ouvrages sur Lacan. Frank Pierobon est philosophe et spécialiste de l'architectonique kantienne.

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samedi 7 octobre 2017

Gilberte Gensel : Neuf lettres sur la dissonance sexuelle

Gallimard - Octobre 2017 - Connaissance de l'Inconscient 


Huit lettres, plus une au lecteur en manière d’épilogue – mais le lecteur est le vrai destinataire de ces lettres à : Lou Andreas-Salomé, Christine Angot, Alexis Géra (c’est alors à Monique Thiébaut, l’héroïne de Marguerite Yourcenar, que l’auteur prête sa plume), «En haut lieu» (c’est-à-dire à Freud), à Winnicott, Adam Phillips, Jacques Lacan, et à Michel Gribinski. 
Gilberte Gensel relève chaque fois une dissonance, un son désaccordé, et prend la plume pour tenter d’obtenir une sorte d’explication franche que sa lettre va imaginer, détailler et discuter. Or la fêlure incriminée est de près ou de loin de nature sexuelle. 
De très près, même, comme lorsque Lou Andreas-Salomé se permet d’écrire que «chez la femme l’appareil génital n’est guère qu’une partie du cloaque prise en location» («en location!» s'agace Gilberte Gensel, avant de s’en prendre à ce bizarre «cloaque») ; ou lorsque Christine Angot évoque son père incestueux dans Un amour impossible, «comme s’il n’était pas mon père et que je n’étais pas son enfant» – et l’une de rappeler à l’autre qu’il n’y eut pas plus «père» que le mythique «père de la horde primitive», qui possédait toutes les femmes et toutes les (ses) filles, et de lui poser la question indélicate s’il en est : «Qu’est-ce qu’un père?» 
De plus loin, comme avec une singulière erreur répétitive de Lacan qui assagit involontairement une phrase célèbre de Freud. 
Et, à Freud, justement, que veut l’auteur? Elle veut savoir, comme nous, ce qu’il aurait pensé du mariage pour tous. 
La dernière lettre, celle au lecteur, fait l’éloge de la dissonance sexuelle : la dissonance est sexuelle et ce qui ne dissone pas est monocorde, «ne trouvez-vous pas? Et terriblement monotone».

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