mercredi 17 janvier 2018

Insistance n°7 : Clinique, écriture et poésie de l'Hilflosigkeit

Erès - Octobre 2017


Freud a reconnu dans la détresse une expérience incontournable et inhérente à la condition humaine, qui est celle d'être jeté dans l'étranger, dans une dépendance absolue à l'Autre et confronté à l'énigme de son désir. Pour désigner ce qui est un véritable acte de naissance du sujet, Freud a recouru à un terme de l'allemand courant, Hilflosigkeit, sans en faire un concept. Avec Lacan, la dimension tragique de ce passage primordial se trouve accentuée par sa mise en perspective avec la fin de l'analyse.
Aussi fréquente que soit la détresse, dans les situations les plus extrêmes de la vie comme dans la répétition transférentielle, elle a cette propriété très particulière de donner lieu à certains renversements : avec l'Hilflosigkeit la déréliction peut se muer en béatitude, voire en extase ; les frontières entre l'intérieur et l'extérieur s'estompent, laissant place à ce qui pourrait s'appeler une relation intime avec le réel.
De déliaison en déliaison, se profile une position orpheline où se jouent les destins paradoxaux de la rencontre avec le « sans fond » : consentir à ce risque, s'y exposer, c'est pouvoir prendre appui sur le vide, du côté de la création. Y être exposé serait encourir le risque d'être perdu. Entre ces deux-à-pics s'ouvre l'écart acrobatique que l'artiste tenterait de maintenir.

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mardi 16 janvier 2018

Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe 2017/2 (n° 69) : Le groupe et l'étranger

Erès - Janvier 2018


Page 5 à 7 : Denis Mellier, Henri-Pierre Bass - Introduction. Une radicale étrangeté au cœur du groupe | Page 9 à 18 : Klimis Navridis - L’être-ange et l’être-d’ailleurs dans le groupe | Page 19 à 35 : Jean-Pierre Vidal - Le groupe et l’« étrangéreté » inassimilable de l’inconscient freudien ! « Une révolution képlérienne inaccomplie » ! | Page 37 à 51 : Jean-Bernard Chapelier - Scazzicare : des rites de possession à l’analyse de groupe | Page 53 à 62 : Haydée Popper-Gurassa - Accueillir l’étranger ? | Page 63 à 75 : Emmanuel Diet - L’accueil du « nouveau » | Page 77 à 91 : Bernard Duez - De l’intime intrus à l’étranger et à l’Autre de l’autre | Page 93 à 102 : Philippe Drweski - Le double étranger : une configuration du lien et de l’identité | Page 103 à 116 : Radu Clit - L’appartenance, le double et l’ensemble en psychothérapie psychanalytique de groupe | Page 117 à 129 : Vincent Cornalba - Désaveu et pactes inconscients dans la clinique en placement familial | Page 131 à 145 : Anastasia Toliou - Un étranger en soi. Groupe analytique en cothérapie et psychose au long cours | Page 147 à 158 : Aurélie Maurin, Bernard Pechberty - De la pluridisciplinarité dans un groupe d’analyse des pratiques professionnelles : illusion corporatiste et figures de l’étranger | Page 159 à 171 : Catherine David - Quand la reconnaissance de l’intimité professionnelle stimule l’accueil de l’étranger | Page 173 à 181 : Jaak Le Roy - Recherches et dispositifs transculturels dans l’œuvre de Jean Claude Rouchy | Page 183 à 192 : René Kaës - Le concept de groupe d’appartenance et le problème de migration des concepts | Page 193 à 198 : Édith Lecourt - Silence collectif et bruissement de groupe à propos de crypte et d’incorporats culturels | Page 199 à 214 : Élisabeth Darchis - Le parcours précurseur de Jean Claude Rouchy. Réflexions et souvenirs sur l’enseignement du transfert dans le groupe | Page 215 à 227 : Pablo Castanho, Maria Inês Assumpção Fernandes - A psychoanalytical perspective on small multilingual groups: at the crossroads of political, historical, cultural, group and individual phenomena | Page 229 à 238 : - Notes de lecture.

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lundi 15 janvier 2018

Collectif : Et si nos vies n’étaient qu’énigme ?

Champ Social - Septembre 2017 - Collection : Psychanalyse


Il y a chez l’être humain – parlêtre dirait Lacan – cette vibration intime et secrète de la chair depuis que le Verbe l’a percuté et cette vibration, cette pulsation, c’est le vivant.
Depuis toujours, l’homme a été intrigué par ce vivant mystérieux. Il a voulu le comprendre, l’expliquer, le maitriser, l’évaluer, etc.
Il en appelé à l’écriture, à l’image, à la philosophie, aux mathématiques, à l’art, aux religions, et plus que jamais à la science. Ainsi sommes nous passés de Thalès calculant la hauteur de la pyramide de Khéops en mesurant l’ombre portée de son corps, à Armstrong marchant sur la lune…
La science dont la fonction est d’établir des rapports n’avait pas, jusqu’à il y quelques décennies, répondu aux « origines » et aux « fins ». Désormais, elle le veut. Et le prouve en dissociant, par exemple, la parentalité de la reproduction ou en nous promettant l’éternité ! 
Naguère, la puissance du réel était dévolue au divin. Désormais, le discours scientifique s’en empare prouvant une fois de plus que rien n’est plus insupportable que le réel, rien n’est plus déconcertant que l’impossible à dire et à se représenter. Alors, autant le confondre, ce réel, avec la réalité !
Mais, paradoxalement, plus ce discours se veut riche de promesses et plus notre errance s’accroit, ne sachant pas davantage d’où nous venons ni même où nous allons.
« L’(psy) analyse trouve sa diffusion en ceci qu’elle met en question la science comme telle- science pour autant qu’elle fait de l’objet un sujet, alors que c’est le sujet qui est de lui même divisé. » Lacan, Séminaire XXIII, p. 36.

Les auteurs : Marc Lévy, Augustin Menard, Patrick Lévy, Esthela Solano, Jacques Borie, J.-P. Laumont, Catherine Vidal, Valerie Arrault, J.-D. Causse, J.-M. Besnier.

Actes du colloque organisé par le Collège des humanités les 24 et 25 septembre 2016.

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dimanche 14 janvier 2018

René Frydman et‎ Muriel Flis-Trèves (dir.) : La mémoire nous joue-t-elle des tours ? Colloque GYPSY XVII

PUF - Janvier 2018


Quel est le plus déconcertant dans la mémoire, que l'on se souvienne ou que l'on oublie ? Se souvient-on davantage des drames ou des événements heureux ? Pourquoi un mot ou une image peuvent-ils faire revenir la mémoire ? Souvenirs et mémoire, est-ce identique ? Si la mémoire ramène au présent ce qui est oublié, elle est supposée enregistrer des informations venant d'expériences et d'événements divers, les conserver et les restituer. Elle a aussi pour fonction de donner une représentation présente d'une chose absente. Mais ce n'est pas si simple. Les émotions influencent la mémorisation, certains souvenirs nous hantent répétitivement, insistent, têtus, alors qu'à l'inverse des pans de mémoire sont effacés, comme dans le cas de certaines maladies impliquant une dégénérescence neurologique. Des mémoires refoulées resurgissent en traces dans la cure psychanalytique, et la mémoire post-traumatique s'inscrit dans l'histoire d'un destin et de ses origines. Si les souvenirs ne sont pas exacts, au moins sont-ils vrais ? Est-il possible de créer des souvenirs et peut-être de créer des faux souvenirs ? Capricieuse, intermittente, la mémoire nous joue des tours, toute sorte de tours et même de détours.

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samedi 13 janvier 2018

George-Henri Melenotte : Freud incognito. Danse avec Moïse

Epel - Septembre 2017


En extrayant son Moïse du marbre, Michel-Ange savait-il qu'un certain Sigmund Freud allait bien plus tard danser autour ? Il s'ensuivit un article publié incognito, sans que son auteur en ait jamais donné la raison. Un détail intéresse tout spécialement Freud : le mouvement de la main droite de la statue, qui la sort de l'immobilité du marbre et dont la trace subsiste dans le cordon de barbe du prophète. Ayant élu une sculpture, Freud pouvait-il en rendre compte comme il l'avait fait pour le rêve, le symptôme, le mot d'esprit, par une interprétation d'ordre symbolique ? C'est bien plutôt un certain espace que découvre ici George-Henri Melenotte, où se meuvent Freud et Moïse, cet espace entre à propos duquel Lacan avait discrètement fourni de précieuses indications.

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vendredi 12 janvier 2018

Martin Joubert : A quoi pensent les autistes ?

Gallimard - Janvier 2018 - Collection : Connaissance de l'inconscient


Martin Joubert prend le chemin long, nécessaire pour communiquer avec les autistes et faire entendre au lecteur ce dont il s'agit, le faire entrer dans la séance et dans un environnement où rien ne paraît apte à border l'espace psychique, environnement qui n'environne pas véritablement. Laurent décrypte toujours plus de signes auxquels il lui faut, un par un, accorder une signification. S'il comprend beaucoup de choses, c'est avec la tête. Il utilise un langage élaboré et se sert de son intelligence et de sa bonne mémoire pour comprendre le monde en posant des questions ciblées : Ca veut dire quoi : manger un peu de tout ? Pourquoi les grands-parents c'est les parents des parents ? C'est quoi un pays d'aide au tiers-monde ? Le "monde-d'après-Laurent" semble un assemblage énigmatique de facettes sans nombre, à expliciter chaque fois. Un énoncé de signifiants à multiples résonances le rend confus. "Il m'interroge comme si j'étais une sorte de Sibylle qui posséderait toutes les réponses, à ceci près que la Sibylle était ironique : elle se moquait des humains en jouant sur leur propre désir. Laurent, lui, est d'un sérieux absolu et le sérieux de sa question s'impose à moi. Pas question de se défiler dans une pirouette : il le sentirait tout de suite et se retirerait dans son monde. On se croirait égaré avec lui dans une bibliothèque de Babel à la Borges avec, dans chaque case, non un livre, mais la réponse à l'une de ses questions."

Martin Joubert est pédopsychiatre et membre de la Société psychanalytique de Paris. Il a publié L'enfant autiste et le psychanalyste en 2009.

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jeudi 11 janvier 2018

Connexions 2017/2 (n° 108) : Clinique des groupes et des institutions. Perspectives ouvertes par l'oeuvre de Jean Claude Rouchy

Erès - Janvier 2018


Psychologue, psychosociologue, psychanalyste, analyste de groupe et d’institution, Jean-Claude Rouchy a contribué à fonder et à développer la clinique des groupes et des institutions. Ce numéro de Connexions met en perspective ses engagements de clinicien et ses théorisations.
Pour soutenir et transmettre ses différentes pratiques, il a déployé une intense activité de publication, personnelle et collective, et assuré les fonctions de rédacteur en chef de la revue Connexions ainsi que de la Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe avec Jacqueline Falguière.
Il s’est engagé dans des activités associatives destinées à offrir un espace d’élaboration partagée pour ses membres et proposer des formations aux praticiens, en créant l’ARIP avec Eugène Enriquez et Guy Palmade notamment, l’Association européenne d’analyse transculturelle de groupe et l’Association européenne d’analyse de groupe et d’institution Transition.
L’activité clinique et institutionnelle foisonnante de Jean-Claude Rouchy a donné lieu à des propositions méthodologiques et conceptuelles novatrices qui ont à être revisitées.
Ce numéro restitue les théorisations originales qui ont été les siennes et en dégage les prolongements au travers de quatre axes princeps : l’analyse de groupe, les interventions dans les institutions, les rapports entre inter- et transculturel, et le transgénérationnel. Des témoignages de praticiens et de responsables d’institutions qui ont bénéficié de son accompagnement, des contributions sur les dynamiques associatives, les enjeux de transmission et le devenir des associations ayant pour objet l’analyse de groupe et d’institution complètent ce numéro.

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